Vous cliquez sur « J’accepte » sans rien lire. Tout le monde le fait. Une affaire révélée par le quotidien néerlandais Trouw montre où ce réflexe anodin peut mener: les photos prises par des millions de joueurs de Pokémon Go ont servi à bâtir une technologie de navigation qui intéresse aujourd’hui l’armée américaine.
Souvenez-vous de ces moments où le jeu vous demandait de scanner un lieu avec la caméra de votre téléphone pour décrocher un bonus. Multipliez par des millions de joueurs, pendant cinq ans, et vous obtenez près de 30 milliards de prises de vue de lieux réels, partout sur la planète.
Niantic, le studio derrière le jeu, a tout agrégé pour fabriquer une gigantesque carte du monde en trois dimensions. L’intérêt est simple à comprendre. Le GPS de votre smartphone vous situe à quelques mètres près, et c’est souvent pire en ville. En comparant ce que voit une caméra à cette carte, on peut reconnaître une statue ou une devanture et en déduire une position bien plus précise. Surtout, ça continue de marcher là où le GPS est brouillé ou coupé.
C’est exactement le genre de situation qu’on rencontre sur un terrain de guerre. La cartographie n’a pas été vendue avec le jeu l’an dernier: elle est restée dans une société à part, qui s’est depuis associée à une entreprise américaine de renseignement par satellite. L’objectif affiché est de faire naviguer drones et véhicules sans aucun GPS.
Pour reprendre la main sur vos données au quotidien, ce guide réunit 250 conseils pratiques très concrets.
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Interrogée, cette entreprise jure ne pas exploiter directement les données du jeu, mais refuse de dire si son modèle a été entraîné avec. Un porte-parole avait pourtant reconnu, plus tôt, que les scans avaient servi à une première version.
Et tout cela est parfaitement légal. Les fameuses conditions d’utilisation, celles que vous validez sans les ouvrir, accordaient au studio une licence transférable sur vos images. Vous avez donné votre accord. Sur le papier, en tout cas.
Le plus retors, c’est qu’une fois ces données avalées par une intelligence artificielle, elles deviennent intraçables. Impossible de les retirer, impossible même de prouver qu’elles sont là. Le bouton « supprimer mes données » ne sert plus à grand-chose à ce stade.
Aucune raison de jeter votre téléphone par la fenêtre. Mais la prochaine fois qu’une appli vous demande l’accès à votre caméra ou à votre position, gardez en tête que ce petit « J’accepte » a parfois une portée que personne ne soupçonne.
Illustration générée par IA
