Unit1 Studio, une jeune société britannique, vient de récupérer 20 millions de dollars pour industrialiser un objet encore rare : le concert d’avatars. L’annonce date du 21 septembre 2026, et derrière on trouve du beau monde.
Le tour de table est mené par Balderton Capital, via Daniel Waterhouse, un des premiers financeurs de Spotify. On y croise aussi le fonds Mercuri et Paul McGuinness, l’ancien manager de U2 pendant plus de trente ans. Le fondateur, Barney Wragg, connaît la maison : il a bossé chez EMI puis dirigé le Really Useful Group d’Andrew Lloyd Webber.
L’idée n’est pas neuve. Depuis 2022, ABBA Voyage remplit une arène construite exprès dans l’est de Londres avec les avatars du groupe suédois. Le hic, c’est le prix. Une salle dédiée, des mois de production, un spectacle cloué au sol. Unit1 veut casser ce modèle et proposer une version moins chère, sans arène spéciale, capable de tourner dans plusieurs villes en même temps.
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Techniquement, ça repose sur des avatars hyper-réalistes fabriqués par capture de mouvement, retravaillés à coups de CGI et d’IA. Pour un artiste vivant qui ne monte plus sur scène, on le filme, tout simplement. Pour un musicien décédé, c’est plus délicat : Unit1 mélange des images d’archives avec des acteurs ou des musiciens qui lui ressemblent, puis fond le tout numériquement. Le pilote a mis en scène la chanteuse KT Tunstall, filmée dans un studio londonien pour recréer une prestation d’il y a vingt ans à l’émission Later… with Jools Holland.
Wragg ne cache pas ses fantasmes : Queen à Live Aid, les Beatles au Cavern Club, Jimi Hendrix à Woodstock. Sauf que voilà, ressusciter les morts en pixels ne plaît pas à tout le monde. Le projet d’avatar d’Ozzy Osbourne a déjà été qualifié d’irrespectueux et de mauvais goût par une partie des fans. Le fondateur assure travailler avec les familles et rester attentif à ne pas verser dans le glauque.
Reste la vraie question, celle que le chèque de 20 millions ne tranche pas. Est-ce qu’on a envie de payer une place pour applaudir un hologramme dopé à l’IA plutôt qu’un être humain sur scène ? ABBA a prouvé que oui, au moins une fois. Voir si ça marche pour des dizaines d’artistes, en tournée permanente, c’est un tout autre pari.
Crédit photo : Music Ally
