28 octobre 2026
Logo de l'application Snapchat

Snapchat et Meta devant un jury à Los Angeles pour avoir rendu deux ados accros

C’est un procès que les réseaux sociaux voyaient venir avec une certaine appréhension. Depuis ce mercredi 28 octobre, la Cour supérieure de Los Angeles sélectionne le jury qui devra dire si Snapchat et les applications de Meta ont abîmé la santé mentale de deux adolescentes. L’affaire est présidée par la juge Carolyn Kuhl et devrait durer plusieurs semaines.

Les deux plaignantes, une jeune fille de 16 ans dans l’Illinois et une autre de 18 ans dans le Mississippi, accusent les plateformes d’avoir été pensées pour les scotcher à l’écran. Dans le viseur, tout ce petit arsenal qu’on connaît par cœur : les notifications qui tombent en rafale, les compteurs de vues, le défilement infini, la lecture automatique des vidéos et, côté Snapchat, les fameux Snapstreaks, ces séries de jours consécutifs qu’on s’échange entre amis et qu’on culpabilise de laisser tomber. Selon l’une des plaignantes, cet usage compulsif aurait nourri une dépression, de l’anxiété, des épisodes d’automutilation et des pensées suicidaires.

Snap et Meta ne plaident pas tout à fait la même partition. Snap répète que Snapchat n’est pas un réseau social comme les autres, sans fil d’actualité et sans algorithme qui classe les contenus pour vous garder le plus longtemps possible. Meta rappelle de son côté que la santé mentale d’un ado se joue sur mille facteurs, et glisse au passage que la jeune fille passait surtout son temps sur TikTok. Pratique.

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Ce dossier n’arrive pas tout seul. En mars dernier, un premier procès du genre s’était soldé par six millions de dollars de dommages à la charge de Meta et de Google. Et cet été, Meta avait sorti le chéquier pour de bon : jusqu’à dix-huit milliards de dollars pour solder des plaintes de presque tous les États américains sur les effets de ses applis chez les jeunes. Là, c’est seulement la deuxième fois qu’une plainte individuelle va vraiment jusqu’au tribunal, avec un vrai jury. Et il y en a plus de 3 800 qui patientent rien qu’en Californie.

Pour nous en France, le verdict ne changera rien du jour au lendemain. Mais il va peser. Si un jury américain reconnaît noir sur blanc qu’une appli a été conçue pour rendre des gamins accros, ça donnera des idées à pas mal de monde, y compris de ce côté de l’Atlantique où le débat sur l’âge et les écrans est loin d’être clos.

Crédit photo : Snapchat

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