24 juin 2026
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Temu : pourquoi un procureur américain le qualifie de logiciel espion

Arrivée en 2022, l’application chinoise de commerce en ligne Temu a séduit des millions de clients avec des prix imbattables. Mais cette réussite éclair traîne une réputation sulfureuse, faite d’accusations d’espionnage et de collecte abusive de données personnelles.

Le 25 juin 2024, le procureur général de l’Arkansas, Tim Griffin, a frappé fort. Dans sa plainte, il décrit Temu non pas comme une simple boutique mobile, mais comme un logiciel malveillant qui espionnerait ses utilisateurs. Sous ses airs d’appli de shopping, Temu se comporterait comme un cheval de Troie, en accédant sans autorisation à l’ensemble du contenu des téléphones où elle est installée.

La liste est longue : photos, localisation, contacts, messages, documents, et même les autres applications présentes sur l’appareil. Selon la plainte, qui s’appuie sur plusieurs rapports techniques et médiatiques, l’application serait capable de recompiler son propre code pour modifier son comportement et contourner les réglages de confidentialité. Les données récoltées seraient ensuite revendues à des tiers.

Le procureur va plus loin. Il rappelle que la maison mère, PDD Holdings, pourrait se voir contrainte par le gouvernement chinois de partager ces informations. De quoi alimenter les craintes déjà bien installées autour des applis venues de Chine. Et le risque ne s’arrêterait pas aux seuls utilisateurs : envoyer un simple SMS à quelqu’un qui a installé Temu suffirait, d’après la plainte, à exposer ses propres données.

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Temu, de son côté, n’a pas tardé à répliquer. L’entreprise dit tomber des nues, dément en bloc et qualifie ces accusations d’infondées, basées sur des informations erronées. Elle compte se défendre avec fermeté.

Reste que tout le monde ne lit pas cette affaire de la même façon. Certains spécialistes rappellent que la collecte de données est devenue la norme chez une bonne partie des applis et services en ligne, et que Temu n’a rien d’un cas isolé. D’autres y voient au contraire la preuve qu’il faut plus de transparence, un vrai consentement éclairé et une régulation plus stricte pour protéger la vie privée.

Au fond, l’affaire Temu pose la même vieille question, en plus brutal : jusqu’où est-on prêt à brader ses données pour quelques euros d’économies ? Le procès tranchera sur le plan juridique. En attendant, le minimum est de savoir ce qu’on installe et ce qu’on autorise. Pour verrouiller ses comptes les plus sensibles, une clé de sécurité physique reste l’une des protections les plus fiables face au vol d’identifiants.

Crédit photo : DR

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