8 juillet 2026

Le gouvernement veut bannir le smartphone de l’école, et parle d’urgence nationale

Le téléphone portable à l’école, c’est devenu un sujet politique à part entière. Et le gouvernement français hausse le ton. Alexandre Portier, en charge de la réussite scolaire, a qualifié l’interdiction du smartphone d’urgence nationale, avec des mots qui ne laissent pas place au doute : « On parle de la santé de nos jeunes, c’est une mission sur laquelle on ne peut pas échouer. »

Le calendrier visé est ambitieux. L’objectif affiché est une généralisation à la rentrée de septembre 2025 au plus tard. Pour y arriver, le ministère s’appuie sur une phase de test déjà lancée dans 180 collèges, qui expérimentent ce qu’on appelle la pause numérique. Et selon les premiers retours, les résultats seraient satisfaisants.

Dans les établissements pilotes, les méthodes varient. Certains misent sur des boîtes ou des casiers où les élèves déposent leur téléphone en arrivant, pour le récupérer en fin de journée. Une approche souple, qui laisse de la marge aux établissements pour s’organiser comme ils le souhaitent.

Sauf que tout n’est pas si limpide. Au sein même du gouvernement, les voix divergent. La ministre Anne Genetet avait auparavant évoqué la possibilité de laisser une certaine autonomie aux établissements sur la question d’une interdiction totale. De quoi semer un doute sur l’uniformité des règles d’un collège à l’autre, et brouiller un message que Portier voudrait pourtant le plus clair possible.

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Le ministre n’a d’ailleurs pas mâché ses mots sur l’inaction passée. Il pointe une loi votée il y a six ans, censée encadrer l’usage du téléphone à l’école, et toujours pas réellement appliquée sur le terrain. En cause selon lui, un manque de volonté politique. Une critique à peine voilée des gouvernements précédents, et une manière de poser sa propre détermination en contraste.

Reste que le chantier est immense. Généraliser une telle mesure à l’ensemble des collèges de France suppose des moyens, une logistique et une cohérence d’application qui ne s’improvisent pas. Portier le reconnaît lui-même, tout en assurant qu’il en fait une priorité.

Plusieurs questions restent en suspens. Les règles seront-elles vraiment identiques partout, ou chaque établissement gardera-t-il une marge de manoeuvre ? Comment l’interdiction sera-t-elle concrètement contrôlée, sans transformer les surveillants en agents de fouille ? Et au-delà du collège, qu’en sera-t-il du lycée, où les élèves sont plus âgés et plus autonomes ?

Le débat dépasse largement le cadre scolaire. Il touche à la place des écrans dans la vie des plus jeunes, à leur santé, à leur concentration, à leur sommeil. Sur ce terrain, l’école n’est qu’un front parmi d’autres.

Crédit photo : DR

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