Meta vient d’ajouter le français à son outil de traduction automatique des Reels. Un créateur qui parle anglais, espagnol ou hindi face à sa caméra peut voir sa vidéo rediffusée en français, avec sa voix à lui, et des lèvres qui bougent à peu près comme il faut.
L’idée n’est pas nouvelle chez Meta, mais elle change d’échelle. L’entreprise a annoncé le 14 juillet cinq langues d’un coup: le japonais, le coréen, le français, l’allemand et l’italien. Ça porte le total à dix-huit langues selon le communiqué officiel, même si Adam Mosseri, le patron d’Instagram, en annonçait quatorze dans sa vidéo. Petit cafouillage interne, donc, mais le résultat est là: le français fait partie de la fournée.
Le principe tient en une case à cocher. Avant de publier, le créateur active « Traduire les voix avec Meta AI », et l’outil se charge du reste. Il fabrique une piste audio censée sonner comme si la personne parlait vraiment cette langue, puis il retouche les mouvements de bouche pour caler les lèvres sur les nouveaux mots. Meta résume ça sans détour: l’IA ajuste votre bouche pour que le spectateur ne remarque presque rien. On peut relire la traduction avant qu’elle parte, et couper la synchro labiale si le rendu part en vrille.
Pour vous filmer proprement en Reels avant de laisser l’IA vous doubler, un bon micro reste le nerf de la guerre :
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Tout le monde n’y a pas droit du jour au lendemain. Sur Facebook, il faut une Page ou un compte professionnel avec au moins mille abonnés. Sur Instagram, c’est ouvert à tous les comptes publics. On choisit jusqu’à deux langues par traduction, et côté Facebook on peut carrément charger jusqu’à vingt pistes doublées via le Business Suite. Le déploiement se veut mondial, avec quelques pays laissés de côté pour l’instant, dont la Corée du Sud, l’Australie ou la Turquie.
Pour un créateur, l’intérêt est évident: une seule vidéo qui touche d’un coup un public anglophone, hispanophone et francophone, sans studio ni doubleur. Sauf que voilà, cloner une voix et faire remuer des lèvres sur des mots jamais prononcés, ça reste un exercice troublant. On passe du sous-titre, qu’on sait faux, à une illusion complète où c’est bien vous à l’écran, sauf que ce n’est plus tout à fait vous qui parlez. Pratique pour la portée, un peu vertigineux pour tout le reste.
Crédit photo : Meta
