Ça y est, c’est en vigueur. Depuis le 2 août 2026, un pan entier du règlement européen sur l’intelligence artificielle, l’AI Act, s’applique pour de bon. Et cette fois, ça touche directement ce que vous croisez tous les jours en ligne.
Le principe de base tient en une phrase. Si un service vous fait discuter avec une IA, il doit vous le dire clairement, sauf quand c’est évident. Fini, en théorie, le faux conseiller sur un chat d’assistance qui ne dit jamais son nom. Un chatbot doit s’annoncer comme tel.
Deuxième gros morceau, et sans doute le plus visible pour l’internaute: tous les contenus fabriqués par une IA doivent être marqués. Images, sons, vidéos, textes, et surtout les deepfakes, ces vidéos truquées où l’on fait dire n’importe quoi à n’importe qui. Le marquage doit être lisible par une machine et détectable. Les plateformes qui hébergent ces contenus vont donc devoir apprendre à les repérer et à les signaler.
Troisième volet, plus discret mais pas anodin: les systèmes qui analysent vos émotions ou qui vous rangent dans des cases à partir de données biométriques doivent prévenir les personnes concernées.
Pour creuser ce que l’IA sait fabriquer de plus trompeur, cette enquête sur les deepfakes se lit d’une traite.
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Ce qui change vraiment ce 2 août, c’est aussi le bâton. Jusqu’ici, ces règles vivaient surtout sur le papier. Bruxelles récupère maintenant le pouvoir de sanctionner les fournisseurs d’IA généralistes, ces gros modèles comme ChatGPT, Gemini ou les IA de Meta qui servent de socle à des milliers d’applications. Les obligations existaient depuis un an déjà, le pouvoir de les faire respecter arrive seulement là.
Et l’addition peut piquer. Une entreprise qui ne joue pas le jeu risque jusqu’à 15 millions d’euros d’amende, ou 3 % de son chiffre d’affaires mondial, le montant le plus élevé étant retenu. Pour un géant américain, ça se compte vite en centaines de millions.
Quelques nuances quand même. Les services génératifs déjà en place ont jusqu’au 2 décembre 2026 pour marquer leurs contenus. Les règles les plus lourdes, celles qui visent les IA dites à haut risque, ont été repoussées à fin 2027. Et le fameux « sauf quand c’est évident » laisse une jolie marge d’interprétation.
Le vrai nerf de la guerre, c’est l’application. Ce sont les autorités nationales qui devront faire respecter tout ça, avec les moyens qu’on leur connaît. Un chatbot honnête, c’est bien. Encore faut-il quelqu’un pour vérifier qu’il l’est.
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