L’oiseau bleu n’a peut-être pas dit son dernier mot. Une petite société de Virginie, Operation Bluebird, a monté un réseau social baptisé au départ Twitter.now, avec une idée simple : récupérer le nom que Musk a jeté à la poubelle en rebaptisant Twitter en X. Le pari paraissait fou. Il vient de prendre un peu d’épaisseur.
Le 4 septembre, le juge fédéral du Delaware Colm Connolly a rendu une décision en demi-teinte. Il a bien accordé à X une protection provisoire sur huit marques liées à Twitter, donc pas question de rouvrir un « Twitter » à l’identique. Mais il a refusé de faire la même chose pour le mot « tweet » et pour le fameux logo de l’oiseau. Selon lui, Operation Bluebird a de bonnes chances de démontrer que X a cessé d’utiliser ces deux éléments et n’a aucune intention de les reprendre.
Traduction concrète : la startup a aussitôt rebaptisé son site Tweet.app. Elle est fondée par Michael Peroff et par Stephen Coates, un ancien avocat spécialisé dans les marques… chez Twitter, justement. Autant dire qu’ils connaissent le terrain.
Pour comprendre comment Twitter est devenu X et pourquoi son nom flotte aujourd’hui dans la nature, ce livre-enquete raconte le rachat de l’interieur.
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Derrière le clin d’oeil nostalgique, il y a un vrai produit. On y retrouve les réponses et les retweets d’antan, mais avec deux partis pris. D’abord des fils contrôlés par l’utilisateur, sans algorithme qui pousse le contenu le plus clivant pour vous garder scotché. Ensuite un outil maison baptisé Vera, un moteur de « véracité » branché sur Gemini, l’IA de Google, censé analyser chaque message en temps réel pour signaler les affirmations douteuses. Coates l’a testé en direct sur de grosses énormités historiques.
L’appétit est là. Avant même l’ouverture, plus de 172 000 personnes avaient réservé un identifiant. L’accès reste payant pour l’instant : 20 dollars pour décrocher un handle et entrer côté « Founder », 40 pour le palier « Fighter ». Les autres attendront un accès gratuit plus tard. Pour le moment, le réseau ne compte que quelques centaines d’utilisateurs actifs, et affiche partout un avertissement prudent : il n’est ni X, ni affilié à X Corp.
Rien n’est joué. La décision n’est que provisoire, le procès continue, et X peut encore récupérer la main. Mais l’affaire pose une vraie question : quand on abandonne un nom aussi chargé de souvenirs que Twitter, peut-on vraiment s’étonner que quelqu’un d’autre vienne le ramasser ? On suivra ça de près.
Crédit photo : Tweet.app
