21 octobre 2026
Un adolescent face à un smartphone dont l'écran affiche un cadenas, illustrant la restriction d'âge sur les réseaux sociaux
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La Turquie ferme les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et sa méthode change tout

C’est voté, c’est publié, ça s’applique. La Turquie vient de poser au Journal officiel, le 10 octobre, le règlement qui interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Entrée en vigueur le 1er novembre. La loi, elle, avait été adoptée dès avril, dans la foulée d’une fusillade dans une école, et le pays passe maintenant à l’exécution.

Le périmètre est large. Instagram, Facebook, X, TikTok, Snapchat, YouTube, WhatsApp, Telegram, Discord, Reddit : à peu près tout ce que votre ado ouvre dans une journée tombe sous le coup du texte. Les plateformes ont l’obligation de vérifier l’âge à l’inscription et de refouler les moins de 15 ans. Pour les comptes déjà créés, le ménage devra être terminé avant le 31 mars 2027.

Le vrai sujet, c’est la manière. Plutôt que de demander à TikTok ou Meta de scanner une pièce d’identité, Ankara passe par e-Devlet, son portail administratif officiel. L’internaute récupère un jeton qui confirme simplement qu’il a l’âge requis, 15 ou 18 ans selon les cas, sans livrer son nom ni sa date de naissance exacte à la plateforme. Une façon de faire respecter la règle sans transformer chaque réseau social en guichet de papiers d’identité. Sur le principe, c’est plutôt bien pensé.

Pour les 15-17 ans, l’accès reste ouvert mais sérieusement bridé. Comptes privés obligatoires, impossible de repasser en public, pas de messages venus de comptes non suivis. Le scroll infini saute, la publicité ciblée aussi, tout comme le profilage comportemental et le direct. Même les captures d’écran sont bloquées. On garde les réseaux, mais on retire les ressorts qui scotchent.

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Côté bâton, la Turquie ne plaisante pas : jusqu’à 3 % du chiffre d’affaires mondial d’amende, interdictions publicitaires et bridage de la bande passante pour les récalcitrants. De quoi faire réfléchir même un géant américain.

Et nous, dans tout ça ? La France avait tenté un texte voisin, mais le Conseil constitutionnel l’a censuré le 14 août, lui reprochant de ne pas distinguer les services et d’oublier le rôle des parents. L’Australie, elle, interdit l’accès aux moins de 16 ans depuis décembre 2025 et peine toujours à le faire appliquer. Le Danemark prépare un seuil à 13 ans avec feu vert parental.

Reste la vraie question, celle que personne ne tranche vraiment : un ado motivé contourne un blocage en quelques minutes. Le jeton e-Devlet tiendra-t-il la route ? On verra au 1er novembre.

Crédit photo : Illustration générée par IA

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