Bluesky vient d'ajouter une poignée de réglages de confidentialité qui vont à rebours de ce que font la plupart des réseaux sociaux. L'idée tient en deux cases à cocher : demander aux applis de ne plus montrer votre compte aux visiteurs non connectés, et leur demander de ne plus faire remonter vos messages dans les recommandations automatiques.
Petit rappel pour ceux qui n'ont jamais mis les pieds sur le service : Bluesky, c'est ce réseau qui ressemble beaucoup à l'ancien Twitter, mais qui tourne sur un protocole ouvert et décentralisé baptisé ATProto. Autrement dit, vos données ne vivent pas dans un coffre-fort fermé géré par une seule entreprise, elles circulent entre plusieurs applis qui parlent le même langage.
Et c'est justement ce qui rend ces nouveaux réglages un peu particuliers. Sur Instagram ou X, quand vous mettez votre compte en privé, la plateforme fait respecter la règle elle-même. Ici, Bluesky ne peut que transmettre une demande. D'où la formulation prudente, « demander aux applis » de ne pas afficher votre profil ou de ne pas pousser vos posts. Les applis qui jouent le jeu obéissent, les autres techniquement pourraient passer outre. C'est le revers de la décentralisation : plus de liberté, mais une protection qui repose sur la bonne volonté de l'écosystème.
Puisqu'on parle de verrouiller ses comptes, une clé de sécurité physique reste le moyen le plus solide de protéger vos accès en ligne :
Yubico YubiKey 5 NFC → voir sur AmazonLien affilié Amazon
En pratique, pour un utilisateur lambda, l'intérêt est clair. Vous pouvez continuer à publier pour vos abonnés sans que vos messages soient aspirés par les fils « Pour vous » et autres moulinettes à recommandation. Et vous pouvez rendre votre profil invisible à quelqu'un qui n'a pas de compte et qui tomberait dessus via un moteur de recherche. Pour un service qui s'est construit en se présentant comme l'anti-usine-à-engagement, ça colle plutôt bien à la promesse.
Dans la même salve, Bluesky a aussi glissé des mots de passe d'application, un meilleur contrôle des notifications, et un futur badge « automatisé » pour signaler les comptes pilotés par des bots. Les créateurs, eux, peuvent désormais caser jusqu'à dix liens dans leur bio.
Reste la vraie question, celle que personne ne tranchera à votre place : est-ce qu'on a envie d'un réseau où la confidentialité dépend de la politesse des applis plutôt que d'une règle imposée d'en haut ? Sur le papier, c'est plus respectueux. En vrai, ça demande un peu de confiance. À vous de voir si le pari vous parle.
Crédit photo : Bluesky




