Vous l’avez forcément croisée pendant l’été 2024. Cette image du surfeur brésilien Gabriel Medina suspendu au-dessus de l’eau, l’index pointé vers le ciel, sa planche flottant à côté de lui comme par magie. Elle vient de décrocher le grand prix des World Sports Photography Awards 2025, et c’est amplement mérité.
Derrière le cliché, baptisé Golden Moment, se cache le photographe français Jérôme Brouillet. La scène a été capturée à Teahupo’o, à Tahiti, là où se tenaient les épreuves de surf des Jeux olympiques de Paris 2024. Un instant parfait, une composition presque irréelle, et une photo qui a fait le tour du monde avant même d’être primée. Le jury n’a fait que confirmer ce que des millions d’internautes avaient déjà ressenti.
Le palmarès ne s’arrête pas là. La médaille d’argent revient à Petr Slavik pour Heaven, un biathlète saisi dans l’Utah, tandis que le bronze va à Anton Anestiev et son cliché Zebra Crossing, où des zèbres croisent un rallye en Afrique de l’Est. Trois ambiances radicalement différentes, trois manières de raconter le sport autrement que par le simple score.
L’édition 2025 a vu les choses en grand. Près de 13 000 photos ont été soumises par 2 200 photographes venus de 96 pays, couvrant plus de 60 disciplines sportives. Autant dire que le niveau était relevé et la sélection redoutable.
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En parcourant les catégories, on tombe sur quelques pépites. En rugby, le cliché sobrement intitulé Untitled de Romain Perrocheau. En basket, le Seeing Double d’Andrew Hancock qui joue sur les reflets. En football, Dove of Peace de Max Krause. Et une mention spéciale pour Olympic Moonlight de Loïc Venance, où les anneaux olympiques accrochés à la Tour Eiffel se détachent sous un clair de lune parisien.
Ce qui frappe, dans ce genre de concours, c’est la capacité de quelques photographes à figer une émotion que des heures de retransmission télé n’arrivent pas toujours à transmettre. Une fraction de seconde, le bon angle, la bonne lumière, et un exploit sportif devient une œuvre. À l’heure où l’image bouge en permanence sur nos écrans, la photo fixe garde une force singulière, celle de nous obliger à nous arrêter.
Les résultats ont été dévoilés le 18 janvier 2025, et la galerie complète vaut clairement le détour. Entre la performance pure et la beauté plastique, ces clichés rappellent que le sport reste l’un des plus formidables terrains de jeu pour la photographie. Et quand un Français rafle le grand prix avec une image déjà gravée dans la mémoire collective, on aurait tort de bouder son plaisir.
Crédit photo : DR
