Depuis le 22 janvier 2026, TikTok applique de nouvelles conditions générales d’utilisation. Et un passage en particulier fait grincer des dents : en publiant une vidéo en mode public, vous accordez à la plateforme une licence pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle sur votre voix, votre visage et votre style créatif.
Autrement dit, tout contenu rendu visible par tout le monde peut nourrir les outils maison de TikTok, des filtres aux générateurs de remix qui se sont multipliés ces derniers mois.
Ces nouvelles règles arrivent au même moment qu’un changement de propriétaire. Depuis fin janvier, l’activité américaine de TikTok est logée dans une coentreprise, TikTok USDS, où l’on retrouve Oracle, le fonds Silver Lake et le groupe MGX, basé à Abu Dhabi. ByteDance, la maison mère chinoise, conserve une part et plusieurs fonctions clés. Officiellement, Oracle doit reconstruire et sécuriser une version américaine de l’algorithme.
C’est sans doute ce contexte qui a mis le feu aux poudres. Sur le subreddit dédié à l’application, un fil entier accumule les messages d’utilisateurs furieux, qui pointent les nouvelles CGU, les outils de remix par IA et les résumés automatiques comme la preuve que la plateforme se perd.
Les chiffres suivent. Le cabinet Sensor Tower a relevé une hausse de 150 % des désinstallations quotidiennes de l’application sur une semaine, comparé à la moyenne des quatre-vingt-dix jours précédents.
Pour celles et ceux qui filment encore pour TikTok, un éclairage correct change tout :
Ring light Yoozon avec trépied pour smartphone → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Il faut toutefois remettre les choses à leur place. Plusieurs spécialistes estiment que ces conditions n’ont rien d’exceptionnel. Sarah Kreps, qui dirige le Tech Policy Institute, juge les nouvelles règles « totalement alignées sur ce que l’on voit sur les autres réseaux sociaux ». Une partie du texte controversé, notamment la collecte de données sensibles, daterait même de juillet 2024.
Le vrai problème serait donc une affaire de confiance. Entre le retrait chinois, l’arrivée d’actionnaires américains et un climat politique tendu, le moindre changement est lu comme suspect.
Un détail mérite l’attention. Repasser une vidéo de public à privé après coup ne l’efface pas des modèles déjà entraînés. Une fois aspiré, le contenu reste dans l’IA.
En France et en Europe, TikTok reste par ailleurs sous l’œil du règlement sur les services numériques, le DSA, notamment sur la vérification de l’âge. De quoi alimenter encore le débat sur ce que la plateforme fait vraiment de vos données.
Crédit photo : TheBetterDay (CC BY-ND 2.0)
