Google a fixé une date. Avec sa prochaine mise à jour, le navigateur Chrome va retirer le dernier réglage qui maintenait en vie les bloqueurs de publicité les plus efficaces, à commencer par uBlock Origin. Les utilisateurs concernés vont devoir choisir entre une version allégée et un changement de navigateur.
Le changement arrive avec Chrome 150, attendu en version stable autour du 30 juin 2026. Cette mouture supprime un réglage caché, baptisé ExtensionManifestV2Disabled, que les internautes avertis activaient encore pour conserver leurs extensions au format Manifest V2.
Un ingénieur de Google a été clair : ces extensions ne sont plus autorisées dans aucune version maintenue du navigateur, et la version 151, prévue en juillet, finira de tout désactiver. Edge et Opera, eux aussi basés sur le moteur de Chrome, devraient suivre.
Pour comprendre la colère des utilisateurs, il faut regarder la technique. L’ancien cadre, Manifest V2, autorisait une extension à inspecter tout le trafic du navigateur et à neutraliser les scripts publicitaires avant même leur affichage.
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Le nouveau cadre, Manifest V3, n’interdit pas le blocage de publicité, mais il le bride. Il plafonne le nombre de règles de filtrage et, surtout, supprime le filtrage dynamique. C’est précisément ce mécanisme qui rendait uBlock Origin redoutable, en s’adaptant en temps réel aux régies publicitaires qui changent sans cesse de méthode.
Concrètement, plusieurs options s’offrent aux utilisateurs. Ne rien faire, et laisser Chrome désactiver l’extension en silence. Passer à uBlock Origin Lite, compatible avec le nouveau format, mais nettement moins puissant : sans filtrage dynamique, il ne bloque qu’environ 60 % de ce que gérait la version complète, et laisse passer une partie des publicités YouTube.
La vraie échappatoire tient en un nom : Firefox. Le navigateur de Mozilla continue de faire tourner uBlock Origin dans sa version complète, sans les limites imposées par Chrome. Brave, pourtant construit sur la même base technique que Chrome, conserve de son côté un système de blocage intégré plutôt solide.
Reste la question de fond. Google avance la sécurité pour justifier ce tour de vis. L’argument n’est pas absurde, mais il est difficile à prendre au mot quand le navigateur le plus utilisé au monde appartient à la plus grosse régie publicitaire de la planète. La disparition du filtrage dynamique, l’outil qui inquiétait vraiment les annonceurs, tombe en tout cas du bon côté pour les revenus de Google.
Crédit photo : Google / Wikimedia Commons
