C’est une arme que la Commission européenne n’avait pas ressortie depuis 2009. Le 9 juin, Bruxelles a ordonné à Meta de rétablir l’accès de WhatsApp aux assistants d’IA concurrents de sa propre Meta AI. Gratuitement. Et vite : cinq jours pour se mettre en conformité.
Rembobinons un peu. En octobre 2025, Meta change discrètement les règles de son API WhatsApp for Business, l’outil qui permet à des services extérieurs de dialoguer avec vous dans la messagerie. Nouvelle clause : les assistants d’IA à usage général n’y ont plus droit dès lors que l’IA est leur activité principale. Résultat, ChatGPT, Copilot et compagnie se retrouvent poussés vers la sortie à la mi-janvier. Seul Meta AI reste dans la place. Pratique, quand on est à la fois le propriétaire de la messagerie et l’éditeur du chatbot maison.
OpenAI avait pourtant réuni plus de 50 millions d’utilisateurs sur WhatsApp. Du jour au lendemain, ce canal se ferme. Microsoft plie bagage lui aussi. Bruxelles y voit un abus de position dominante assez limpide : on ferme la porte aux rivaux pour installer son propre produit dans une appli qu’un milliard et demi de gens ouvrent tous les jours.
D’où cette réponse rare. Les mesures provisoires, c’est l’outil que la Commission dégaine avant même de rendre sa décision finale, quand elle estime qu’un comportement risque de faire des dégâts graves et difficiles à réparer. La dernière fois, c’était contre le fabricant de puces Broadcom, il y a plus de quinze ans. Autant dire que Bruxelles ne sort pas ça tous les matins.
Envie de comprendre ce que ces assistants savent vraiment faire avant de les inviter dans vos conversations ? Ce guide d’initiation fait le tour de la question.
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Meta avait bien tenté un geste au printemps : rouvrir la porte, mais en facturant chaque message, entre 5 et 13 centimes selon le pays. Une tarification qui, comme par hasard, pouvait rendre l’accès prohibitif pour les concurrents. La Commission n’a pas été dupe et exige désormais un accès libre, maintenu pendant toute la durée de l’enquête, soit jusqu’en juin 2029 au plus tard.
Meta s’est plié à l’injonction, en précisant que cela laisse à la Commission « le temps nécessaire pour conclure son enquête ». ChatGPT, Gemini et Perplexity peuvent donc de nouveau vivre dans vos conversations WhatsApp, côté européen.
Pour l’internaute, la question de fond dépasse largement les chatbots. Elle touche à un principe simple : le propriétaire du tuyau a-t-il le droit de réserver le meilleur robinet à sa propre marque ? Bruxelles vient de répondre non, et sans trembler.
Crédit photo : Illustration générée par IA
