Vous connaissez ces posts LinkedIn qui sonnent bien mais ne disent rien ? Le réseau professionnel de Microsoft en a assez. Il vient de déclarer la guerre à ce qu’il appelle sans détour le « AI slop », ces publications lisses, polies, générées à la chaîne par une IA, et qui n’apportent strictement aucune idée neuve.
L’annonce est signée Laura Lorenzetti, vice-présidente produit, dans un billet officiel publié le 20 mai dernier. Le principe est simple. Plutôt que de supprimer les contenus suspects, LinkedIn va tout bonnement les rendre invisibles dans les recommandations. En clair, votre post continuera d’apparaître auprès de vos contacts directs et de vos abonnés, mais il cessera de se propager dans le fil des inconnus. La portée s’effondre, sans que rien soit officiellement censuré.
Pour repérer la bouillie, LinkedIn dit avoir fait bosser ses ingénieurs avec son équipe éditoriale maison, histoire d’identifier les schémas qui trahissent une machine. Résultat annoncé : 94 % de détection correcte lors des premiers tests. Le chiffre est joli, sauf que voilà, l’entreprise reste muette sur les faux positifs. Combien de vrais humains vont voir leur post enterré à tort ? Mystère. Le déploiement, lui, prendra plusieurs mois.
Le plus savoureux, c’est la cible nommément citée. LinkedIn a pointé du doigt une tournure précise comme exemple typique de contenu formaté par IA : le « ce n’est pas X, c’est Y ». Cette petite construction rhétorique qu’on retrouve partout dès qu’un modèle rédige un texte. Elle est désormais un signal d’alerte. Écrivez-la sur LinkedIn, et vous risquez de finir dans les limbes de l’algorithme.
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La chasse ne s’arrête pas aux publications. Les commentaires sont aussi dans le viseur, en particulier ceux générés par des bots, du genre résumé ChatGPT recraché sous un post. Même sort pour les vidéos appâts à clics et les outils d’automatisation qui produisent du contenu en série.
Attention quand même, LinkedIn ne bannit pas l’IA en soi. Se faire aider pour écrire reste toléré, tant que le post porte une vraie idée ou lance une vraie discussion. Le message de Lorenzetti tient d’ailleurs en une phrase : arrêtez de laisser l’IA penser à votre place.
Reste une question de fond. Un réseau qui a passé des années à récompenser les publications à haute cadence se retrouve à devoir nettoyer le déluge qu’il a lui-même encouragé. Belle ironie.
Crédit photo : Illustration générée par IA
