
Le Wall Street Journal a sorti l’information dimanche soir : Nvidia discute d’une garantie pouvant atteindre 250 milliards de dollars, destinée à permettre à OpenAI de louer un campus de data centers de 10 gigawatts en construction dans l’Ohio.
Attention au mot employé. Nvidia ne sortirait pas cet argent. Il se porterait garant, ce qui veut dire qu’il ne paierait qu’en cas de défaut d’OpenAI. La nuance change tout sur le plan comptable, nettement moins sur celui du risque.
L’intérêt du montage tient en une phrase : la garantie permet aux prêteurs de calculer le taux sur la note de crédit de Nvidia plutôt que sur celle d’OpenAI. Parce qu’OpenAI n’est pas rentable et ne peut pas décrocher une notation investment grade tout seul. Sans garant, personne ne lui prête à cette échelle.
Les chiffres donnent le vertige quand on les met côte à côte. Nvidia disposait de 62,6 milliards de dollars de trésorerie et de titres négociables à la clôture de son exercice, en janvier. La garantie évoquée représente donc environ quatre fois cette somme. Pour situer, Google a accordé de l’ordre de 44 milliards de garanties de loyers pour ses propres data centers.
A l’autre bout de la chaine, voici ce que Nvidia vend au grand public pendant que ses puces IA partent en data center.
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Le site a une histoire, et pas des moindres. Le campus s’installe à Piketon, dans le sud de l’Ohio, sur l’ancienne usine d’enrichissement d’uranium de Portsmouth, un terrain fédéral bâti dans les années 1950 qui a produit de l’uranium de qualité militaire jusqu’à l’arrêt de l’enrichissement en 2001. C’est SB Energy, la filiale énergie de SoftBank, qui développe le projet. Coût total, puces comprises : plus de 500 milliards de dollars.
Et c’est là que le mot circulaire revient dans toutes les analyses. Un fournisseur garantit la dette de son client, lequel s’en sert pour acheter les produits du fournisseur. Michael Burry, qui a renforcé sa position vendeuse sur Nvidia le 24 juillet, l’a résumé à sa façon : « Around and around we go. Nvidia to guarantee $200 billion of ChatGPT’s spending on $NVDA chips. » Jim Cramer, lui, a comparé le procédé à ce qui se pratiquait juste avant l’éclatement de la bulle internet.
Rien n’est signé à ce stade. Nvidia a refusé de commenter, OpenAI n’a pas répondu, et aucun démenti n’est venu. L’action Nvidia a reculé d’environ 5 % lundi.
Crédit photo : Wikimedia Commons
