Elon Musk a fini par appuyer sur le bouton. Depuis le 27 juillet, X, l’ancien Twitter, propose X Money, un service de paiement greffé directement dans l’appli. On peut y envoyer de l’argent à un autre utilisateur en temps réel, recevoir une carte de débit Visa à la marque X, payer ses factures, faire virer son salaire dessus et retirer du cash dans n’importe quel distributeur de la planète.
L’idée n’est pas nouvelle dans la tête de Musk. Il répète depuis des années qu’il veut transformer X en « everything app », une appli qui fait tout, calquée sur le chinois WeChat où l’on discute, achète et paie sans jamais changer de fenêtre. Le réseau social devient donc un portefeuille, et le fil d’actualité côtoie maintenant un solde de compte.
Sauf que l’accès se mérite. X Money est pour l’instant sur invitation, et uniquement pour les abonnés payants, X Premium ou Premium+, soit au moins 8 dollars par mois. Pour toucher le rendement annoncé de 6 % par an sur votre argent, il faut en plus déposer au minimum 1 000 dollars. S’ajoute un cashback de 3 % sur certains achats. Sur le papier, c’est plus généreux que ce que propose votre banque. En pratique, vous payez d’abord un abonnement pour avoir le droit d’y mettre vos économies.
Pour comprendre d’où vient cette obsession de l’everything app, la biographie de référence signée Walter Isaacson :
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Petit rappel utile : X n’est pas devenue une banque. Décrocher une licence bancaire, c’est long et cher, alors la société s’appuie sur Cross River Bank, un établissement américain déjà agréé qui fournit toute la plomberie. X ne fait qu’y coller son logo et son interface. Les dépôts sont assurés, répartis sur plusieurs banques partenaires pour couvrir de gros montants.
Le but est limpide : mordre sur PayPal, Venmo, Zelle et Cash App, qui se partagent déjà le paiement entre particuliers aux États-Unis. Reste un détail qui compte pour nous : tout ça se passe outre-Atlantique. Aucune date pour la France ni l’Europe, où proposer un compte de paiement suppose un agrément et un passage par le cadre réglementaire européen. Autant dire que le portefeuille de Musk risque de rester bloqué à la frontière un bon moment.
Et c’est peut-être aussi bien. Confier son argent à la même appli qui gère ses messages privés et son fil d’infos, ça demande une confiance que tout le monde n’a pas forcément envie d’accorder.
Crédit photo : X
