2 août 2026
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WhatsApp abandonne enfin le numéro obligatoire, mais l’Inde freine déjà des quatre fers

Depuis dix-sept ans, WhatsApp marche sur un principe simple et un peu daté : pour vous écrire, il faut votre numéro de téléphone. Ça change. Meta vient d’annoncer l’arrivée des noms d’utilisateur, ces pseudos précédés d’un @ qui permettront de vous contacter sans jamais voir vos chiffres.

L’idée, c’est de couper le lien entre votre identité sur la messagerie et cette suite de chiffres que vous distribuez un peu partout, souvent à contrecœur. Vous partagez un @monpseudo, et voilà, l’autre peut vous joindre sans rien savoir de votre ligne.

Pour éviter que n’importe qui vous harcèle dès qu’il connaît votre pseudo, WhatsApp ajoute une clé de nom d’utilisateur, optionnelle. Quand elle est activée, la personne qui vous contacte pour la première fois doit saisir cette clé en plus du pseudo. Sans elle, le message ne passe pas. Les pseudos ne seront pas non plus indexés dans une recherche publique, et certains noms restent réservés aux personnalités, aux institutions et aux comptes vérifiés, histoire d’éviter les faux comptes trop faciles.

Le déploiement se fera par vagues sur les prochains mois. D’abord une phase de réservation, pour poser votre pseudo avant les autres, puis l’ouverture mondiale progressive. Pas de date unique, donc, et la fonction restera facultative : si vous préférez continuer avec votre numéro, rien ne bouge.

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Sauf que voilà, tout le monde ne voit pas ça d’un bon œil. En Inde, le ministère de l’Électronique et des Technologies de l’information, le MeitY, a demandé à Meta de suspendre carrément le déploiement, et de fournir des explications détaillées sous trois jours. Le gouvernement craint que ces pseudos ouvrent grand la porte à l’usurpation d’identité, aux faux comptes, au phishing et aux arnaques en tout genre. Avec plus de 500 millions d’utilisateurs sur place, WhatsApp est devenu la messagerie par défaut du pays, et la moindre modification y prend des allures de sujet d’État.

Le paradoxe est amusant : une fonction pensée pour protéger la vie privée se retrouve accusée de faciliter la fraude. Et les deux camps ont un peu raison, en fait. Cacher son numéro quand on croule sous les SMS frauduleux, ça fait clairement envie. Mais un pseudo anonyme, c’est aussi un visage en moins pour ceux qui veulent vous arnaquer.

Chez nous, elle devrait arriver dans la même fenêtre, sans blocage annoncé pour le moment. Entre l’envie de tranquillité et la peur de l’embrouille, chacun tranchera à sa façon.

Crédit photo : WhatsApp

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