xAI, la société d’Elon Musk derrière l’assistant Grok, vient d’ajouter à son outil Imagine de quoi fabriquer des vidéos entières à partir d’une simple phrase. Depuis fin juillet, plus besoin d’une image de départ : vous tapez une description et le service produit un clip. C’est ce qu’on appelle du texte-vers-vidéo, et ça se passe directement sur grok.com comme dans les applications iOS et Android.
La vraie nouveauté, c’est la gestion des références. Vous pouvez glisser jusqu’à sept images pour verrouiller certains éléments d’une scène, et surtout fournir une voix de référence. Du coup, le même personnage garde le même visage et la même voix d’un plan à l’autre, au lieu de muter à chaque génération comme le faisaient jusqu’ici la plupart des IA vidéo. Pour quelqu’un qui veut raconter une petite histoire en plusieurs séquences, c’est un vrai confort.
Le déploiement se fait par étapes. Les images et les voix de référence sont d’abord arrivées chez les abonnés payants, SuperGrok Heavy et Plus, avant d’être élargies aux autres formules dans les jours qui ont suivi. Le texte-vers-vidéo, lui, est accessible plus largement, et xAI met aussi le tout à disposition des développeurs via son interface de programmation.
Plutôt que de confier vos vidéos à une IA, si l’envie vous prend de filmer vous-même, ce petit kit tout-en-un fait le job pour débuter.
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Là où ça devient sensible, c’est côté usages. Un outil qui reproduit fidèlement un visage et une voix sur commande, c’est exactement ce qu’il faut pour faire dire n’importe quoi à n’importe qui. Grok traîne déjà une réputation de garde-fous légers, et la question du consentement des personnes qu’on fait apparaître à l’écran n’est pas vraiment tranchée. On imagine sans peine le flot de faux clips qui va atterrir sur X, la plateforme maison, où les vidéos générées se partagent en deux clics.
En Europe, ce type de contenu tombe désormais sous le coup de l’AI Act, qui impose d’indiquer clairement qu’une vidéo a été fabriquée par une IA. On ne sait pas encore comment xAI compte appliquer cet étiquetage, parce que pour l’instant c’est surtout la course à la qualité qui semble mobiliser l’entreprise. Sauf que voilà, plus les rendus deviennent bluffants, plus la frontière entre vrai et faux se brouille pour l’internaute lambda. Et de ce côté-là, aucune mise à jour ne réglera le problème d’un coup.
Crédit photo : xAI
