LinkedIn a commencé à déployer un outil qui remplit vos candidatures tout seul. Ça s’appelle le Premium Apply Assistant, et c’est réservé aux abonnés payants.
Le principe est simple. L’IA lit votre profil, le compare aux offres qui passent, et vous signale celles où vous collez le mieux. Jusque-là, rien de neuf, les algorithmes de recommandation font ça depuis des années. Sauf que cette fois l’outil va plus loin : il pré-remplit les champs de la candidature à votre place, et il rédige même une lettre d’introduction taillée pour l’annonce.
Chaque élément généré reçoit un petit indicateur de confiance. LinkedIn vous dit donc si sa proposition lui semble prête à partir ou s’il vaut mieux repasser derrière. Vous gardez la main, rien ne s’envoie sans votre validation, et le réseau précise que le recruteur ne voit que ce que vous décidez de soumettre. Les brouillons et l’assistance de l’IA restent invisibles de l’autre côté.
L’assistant fait partie de l’abonnement Premium Career, facturé autour de 40 dollars par mois, avec une remise de moitié en cas de paiement à l’année. Le déploiement se fait au compte-gouttes, et aucun calendrier précis n’a été communiqué pour la France.
Si vous préférez encore soigner votre candidature à la main, ce guide reste une valeur sûre.
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Là où ça devient rigolo, c’est le grand écart. D’un côté, LinkedIn passe son temps à traquer les publications générées par IA dans son fil, à pousser les contenus authentiques, à expliquer aux gens comment écrire pour de vrai. De l’autre, il vend un outil qui écrit vos lettres de motivation à votre place. Le paradoxe saute aux yeux.
Le vrai problème est plutôt du côté des recruteurs. Postuler devient tellement facile qu’on imagine déjà des candidats mitrailler cent offres en un après-midi, lettre personnalisée à chaque fois. Personnalisée par une machine, donc. Les services RH, déjà noyés, risquent de recevoir des piles de dossiers propres, lisses et parfaitement interchangeables. Comment on trie là-dedans ? Avec une autre IA, probablement, qui lira les candidatures écrites par l’IA d’en face.
On tourne un peu en rond. L’idée de départ est plutôt bonne pour qui déteste remplir vingt fois les mêmes formulaires, et franchement, on comprend l’intérêt quand on cherche du boulot. Reste que le jour où tout le monde postule avec le même assistant, se démarquer risque de coûter un peu plus cher que 40 dollars par mois.
Crédit photo : LinkedIn
