LinkedIn en avait visiblement assez. Depuis fin juillet, le réseau professionnel de Microsoft glisse dans le menu de chaque publication une petite option au nom sans détour : « Seems like AI slop », comprenez « on dirait de la bouillie générée par IA ». Un clic sur les trois points en haut à droite d’un post, et vous pouvez le signaler comme trop artificiel.
Le geste est modeste, la cible ne l’est pas. LinkedIn est devenu, ces deux dernières années, le grand déversoir des textes pondus au kilomètre par ChatGPT et consorts. Motivation du lundi, faux storytelling, carrousels génériques : vous voyez le genre. La société de détection Pangram a mesuré que les posts LinkedIn, un tiers des contenus qu’elle analyse, concentraient à eux seuls près des deux tiers de tout ce qu’elle repère comme écrit par une machine.
Concrètement, un post signalé ne disparaît pas. Sa portée baisse, exactement comme quand vous cochez « ça ne m’intéresse pas ». L’auteur, lui, l’apprend en privé via son tableau de bord de statistiques, sans savoir combien de personnes l’ont épinglé. Et surtout, chaque signalement nourrit les modèles maison de LinkedIn, qui apprennent petit à petit à reconnaître la camelote sans attendre le clic humain.
Puisqu’il va falloir soigner ses posts pour ne pas finir signalé, un guide qui remet le fond avant l’algorithme :
Réussir sa carrière grâce au Personal Branding → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Le bouton n’arrive pas seul. Hari Srinivasan, le patron produit de la plateforme, avance des chiffres pour rassurer sur l’effort : des centaines de milliers de tentatives de commentaires automatisés bloquées chaque jour, et « des milliards » d’autres manœuvres d’automatisation stoppées ces derniers mois. Au passage, LinkedIn a discrètement retiré son propre outil « enhance your post », qui aidait justement à rédiger vos publications avec une IA. Remplacé par un simple correcteur. On mesure l’ironie.
Reste la vraie question, celle que tout le monde se pose déjà. Qui décide de ce qui est « slop » ? Un texte soigné peut être écrit à la main, un post creux peut être 100 % humain. Le bouton mélange qualité et origine dans un même geste, et il y a fort à parier qu’il servira aussi à enterrer des publications qu’on trouve juste ennuyeuses ou dérangeantes. Bref, un outil utile, un tri arbitraire en prime. À vous de cliquer avec discernement.
Crédit photo : Unsplash
