La gendarmerie a interpellé la semaine dernière, en Auvergne-Rhône-Alpes, trois hommes déjà incarcérés et une complice restée libre. Ils sont soupçonnés d’avoir commandité plusieurs enlèvements et séquestrations visant des détenteurs de cryptomonnaies. Le détail qui fait tiquer, c’est que les trois détenus pilotaient tout ça depuis leur cellule, avec un téléphone et des comptes sur les réseaux sociaux. La femme, elle, restait dehors pour fournir les moyens d’agir.
Tout part d’une tentative d’intrusion en mars, dans le nord-est de l’Essonne. Un matin, un détenteur de cryptos tombe sur deux individus cagoulés, munis de petits explosifs, en train de forcer sa porte. Le duo prend la fuite. Sa voiture finit repérée, puis interceptée six heures plus tard, à des centaines de kilomètres de là.
À bord, les gendarmes trouvent un homme de 35 ans et deux adolescents de 15 et 17 ans. La garde à vue les relie vite à une autre séquestration, celle d’un investisseur en cryptos cette fois. Le trio est mis en examen, mais l’enquête montre qu’il ne s’agit que d’exécutants, recrutés pour remplir un contrat passé par des commanditaires alors inconnus.
Il aura fallu six mois pour remonter la chaîne jusqu’aux trois détenus. Les perquisitions ont permis de saisir des preuves et des espèces. Ils ont été mis en examen pour association de malfaiteurs et extorsion en bande organisée avec arme.
Pour éviter que ses cryptos ne dorment sur une plateforme en ligne, beaucoup de détenteurs préfèrent un portefeuille matériel, qui garde les clés hors ligne.
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Le phénomène, lui, prend de l’ampleur. Le parquet national anticriminalité organisée, le Pnaco, a recensé plus de 70 enlèvements ou séquestrations liés aux cryptomonnaies sur les huit premiers mois de 2026. On en comptait une vingtaine en 2024, puis 67 sur toute l’année 2025.
Face à ça, la gendarmerie a monté une stratégie qu’elle qualifie elle-même d’offensive. Le GIGN pour les interventions musclées, la section de recherches de Paris à la tête des enquêtes, et une unité cyber chargée de tracer puis de geler les fonds extorqués.
Et c’est là que le numérique se retourne contre les ravisseurs. Une rançon en cryptomonnaies part en quelques secondes, oui, mais elle laisse une trace publique sur la blockchain, que les enquêteurs suivent de mieux en mieux. Piloter un rapt depuis une cellule via les réseaux sociaux laisse aussi des empreintes. Quelque part, l’outil qui promettait la discrétion est en train de devenir la meilleure preuve à charge.
Crédit photo : Illustration générée par IA
