Depuis le 16 septembre, un utilisateur de X aux États-Unis peut acheter une action ou une crypto directement à partir d’une discussion, sans même sortir de l’application. La plateforme d’Elon Musk a lancé son Cashtag Partner Program, qui transforme les fameux tickers en boutons d’achat.
Petit rappel pour ceux que le jargon perd. Un « cashtag », c’est le symbole d’une valeur boursière précédé d’un dollar, du genre $AAPL pour Apple ou $TSLA pour Tesla. L’idée date de 2008 et du réseau Stocktwits, avant d’être reprise par Twitter. Jusqu’ici, taper sur un cashtag ouvrait un graphique de cours et les messages qui en parlaient. Rien de plus.
Maintenant, un bouton « Trade » s’ajoute à cet écran. Vous touchez le cashtag, vous voyez le cours et les publications associées, puis vous basculez vers un courtier partenaire où vous vous connectez à votre compte pour passer l’ordre. Cinq acteurs sont de la partie au démarrage : les maisons de courtage Interactive Brokers et Moomoo, et les plateformes crypto Gemini, Kraken et Coinbase. Les valeurs concernées couvrent les actions, les ETF et les cryptomonnaies.
C’est la suite logique d’une fonction déployée en avril dernier, qui avait déjà greffé des cours en temps réel sur les pages de cashtags. Sauf que là, on passe de l’information à la transaction. « Les cashtags comblent l’écart entre un ticker dans le fil et le marché lui-même », résume Mridul Singhai, responsable de l’ingénierie produit chez X.
Avant d’acheter la moindre action d’un simple bouton, autant comprendre ce que vous faites : ce guide reprend les bases de la Bourse depuis zéro.
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Derrière, il y a l’obsession de Musk pour son « everything app », cette application qui voudrait tout faire : discuter, payer, et donc désormais investir. X gère déjà des paiements aux États-Unis via X Money, et son patron répète qu’il veut remplacer les banques comme partenaire financier principal de ses utilisateurs. Le fil d’actualité devient un guichet de courtage.
Reste un point qui coince. Sur un réseau saturé de bots et de comptes qui gonflent artificiellement le buzz autour d’une valeur, rapprocher à ce point la conversation et l’ordre de Bourse pose une vraie question de manipulation de cours. Une rumeur bien orchestrée peut faire grimper un titre en quelques minutes, et le bouton d’achat est désormais juste en dessous.
Rien de tout ça en France pour l’instant : la fonction est réservée aux États-Unis, et le cadre européen sur les services financiers ne se laissera pas contourner d’un simple bouton. On verra si X ose tenter le coup de ce côté de l’Atlantique.
Crédit photo : X
