Spotify vient d’ouvrir aux États-Unis une fonction qui traînait en test depuis le printemps : le Taste Profile. L’idée est toute simple. Le service affiche noir sur blanc la façon dont il interprète vos goûts, en musique comme en podcasts et livres audio, puis il vous laisse lui écrire, en langage courant, ce que vous voulez entendre davantage ou beaucoup moins.
Jusqu’ici, quand une reco tombait à côté, vous pouviez au mieux masquer un titre ou zapper une playlist. Rien de plus. Sauf que voilà, sur un compte partagé, il suffit de quelques berceuses pour endormir le petit ou d’une semaine de comptines pour que l’algorithme se persuade que vous adorez ça, et qu’il vous en ressorte ensuite un peu partout.
Le Taste Profile attaque le problème par la racine. Vous ouvrez votre photo de profil, vous entrez dans la rubrique, et un champ « Tell us more » vous invite à taper vos consignes. Du genre « fais-moi découvrir de l’alt-rock des années 90 », « plus de morceaux pour me réveiller le matin », ou « moins de tel artiste ». Les changements se répercutent en quelques heures sur l’accueil, sur le Discover Weekly, sur les Made for You et même, à terme, sur le Wrapped de fin d’année.
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C’est une petite bascule dans la philosophie de la maison. Pendant des années, Spotify a vendu la magie de son algorithme comme une boîte noire qui vous connaît mieux que vous-même. Là, il ouvre le capot et vous tend le volant. Gustav Söderström, le co-patron, avait dévoilé la chose en mars au festival SXSW d’Austin, avant un premier test grandeur nature en Nouvelle-Zélande.
Quelques limites quand même. La fonction est toujours en bêta, réservée aux abonnés Premium de 18 ans et plus, et pour le moment cantonnée aux États-Unis. Rien n’a été annoncé sur une arrivée en France, ni sur les comptes gratuits qui, eux, continueront de subir les recommandations sans pouvoir les recadrer.
Reste que la direction est plutôt saine. Alors que tout le monde râle contre les algorithmes qui décident à notre place, un gros service qui accepte qu’on lui parle pour rectifier son jugement, ça change un peu. On verra si les autres plateformes de streaming suivent, ou si elles préfèrent garder leurs boîtes noires bien fermées.
Crédit photo : Spotify
