Emmanuel Macron ne lâche pas l’affaire. À la mi-septembre, le président a annoncé sur X une nouvelle version de son projet visant à tenir les moins de 15 ans à l’écart des réseaux sociaux. Un mois plus tôt, le Conseil constitutionnel avait retoqué la première mouture, votée cet été par les députés et sénateurs. Les Sages ont estimé qu’une interdiction pure et simple portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication des adolescents. Retour à la case départ, donc.
Sauf que l’angle a changé. Plutôt que de fermer la porte d’un bloc, le nouveau texte s’attaque à une dizaine de fonctionnalités considérées comme addictives. On parle de la lecture automatique qui enchaîne les vidéos toute seule, des notifications qui tombent en pleine nuit, ou encore de la possibilité pour un inconnu d’entrer en contact avec un mineur. L’idée, c’est de viser les mécaniques qui accrochent, pas juste l’âge inscrit sur un profil. Macron assure que cette mouture respecte à la fois les remarques du Conseil et le droit européen, et il aimerait qu’elle devienne la norme pour tous les enfants du continent.
D’où le vrai tournant : dans une lettre adressée fin août à Ursula von der Leyen, le président demande carrément à la Commission européenne d’imposer cette limite à l’échelle de l’Union. Parce que la France seule dans son coin, ça coince. Bruxelles avait déjà tiqué sur la première version, jugée trop bavarde vis-à-vis du Digital Services Act, avec un rôle donné à l’Arcom qui empiétait sur les compétences européennes. Le message de la Commission était clair : on veut éviter que chaque pays bricole son propre système, sinon c’est l’insécurité juridique assurée.
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Reste le problème que tout le monde repousse depuis des années, à savoir comment vérifier l’âge sans transformer chaque connexion en contrôle d’identité. La Commission planche là-dessus avec une application européenne de vérification d’âge, censée prouver qu’on a bien 15 ans sans balancer toutes ses données au passage. La France fait partie des pays pionniers sur le sujet, aux côtés de l’Espagne, du Danemark ou de la Grèce, et l’outil est attendu d’ici la fin 2026.
Bref, l’Australie a montré la voie fin 2025 avec sa limite à 16 ans. L’Europe, elle, avance encore à petits pas. On suivra ça de près.
Crédit photo : Illustration générée par IA
