3 octobre 2026
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Sur LinkedIn, un million de clics pour signaler les posts qui sentent l’IA à plein nez

LinkedIn a lâché fin juillet un petit bouton qui en dit long sur l’état du réseau : « Seems like AI slop », soit en gros « on dirait de la bouillie générée par IA ». L’idée est simple. Sous un post qui sonne faux, trop lisse, bourré de tirets et de formules creuses, vous cliquez pour le signaler. Et visiblement, le besoin était là.

En deux semaines seulement, plus d’un million de personnes ont appuyé sur ce bouton. Le chiffre vient de LinkedIn lui-même, via une publication de son directeur produit Hari Srinivasan, le 20 août. C’est rare qu’une plateforme balance aussi vite des résultats chiffrés sur ce genre de ménage.

Et les résultats, justement, piquent. Les posts épinglés par les internautes, croisés avec les classificateurs maison de LinkedIn, perdent environ 40 % de vues par rapport à avant. Si votre texte a été copié-collé depuis ChatGPT sans le moindre effort, il circule donc nettement moins. Le réseau ne supprime rien, il réduit juste la portée.

Pourquoi tout ce bazar ? Parce que LinkedIn est devenu le royaume du contenu artificiel. Une analyse sur le printemps 2026 estimait que 41 % des longs posts de la plateforme étaient entièrement générés par IA. Quasiment un sur deux. On comprend que les utilisateurs saturent, et que la fameuse « théorie de l’internet mort », celle où les machines se parlent entre elles pendant que les humains décrochent, ne soit plus une blague de forum.

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La nouveauté du moment, c’est l’étage d’après. LinkedIn teste maintenant des avertissements privés directement dans le tableau de bord des créateurs. Si assez de monde signale votre publication, vous recevez un message discret qui vous prévient que ça sent le robot. Rien de public, pas de sanction automatique : juste un retour, histoire de vous faire réfléchir avant de poster la prochaine purée de buzzwords.

Srinivasan le résume à sa façon : les membres veulent un retour d’humains sur ce qui sonne authentique. Et le réseau prend soin de distinguer deux choses. Utiliser l’IA pour corriger ou reformuler un texte, ça passe. S’en servir pour produire du contenu à la chaîne, ça se signale.

Un simple bouton suffira-t-il à nettoyer un fil d’actu aussi noyé ? Pas sûr. Mais au moins, pour une fois, ce sont les internautes qui tiennent le balai.

Crédit photo : LinkedIn

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