Depuis le 30 juillet, un nouveau bouton est apparu sur LinkedIn, et son intitulé ne cherche pas la nuance : « Seems like AI slop », soit « on dirait de la bouillie générée par IA ». Il se cache dans le menu à trois points présent sur chaque publication. Un clic, et le post disparaît de votre fil pendant que le réseau reçoit un signal discret.
Le principe est simple. Quand une publication vous semble sortie tout droit d’un ChatGPT mal réglé, vous la masquez, et LinkedIn range cette information pour affiner ses propres détecteurs. Les posts régulièrement épinglés voient ensuite leur portée réduite dans l’algorithme. Vous ne faites donc pas que nettoyer votre écran, vous entraînez la machine à reconnaître le remplissage automatique.
Le problème est réel, et il est énorme. Selon la société de détection Pangram, plus de 40 % des longs posts publiés sur LinkedIn seraient aujourd’hui entièrement écrits par une IA. Le réseau professionnel concentrerait à lui seul près de 62 % de tout le contenu généré par IA repéré sur les grandes plateformes. Difficile de faire plus concerné.
Envie de dompter le réseau sans y déverser de la bouillie ? Ce guide décortique LinkedIn en infographies.
Décrypter LinkedIn en infographies → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Hari Srinivasan, le patron du produit chez LinkedIn, a résumé l’ambiance : « Les gens viennent sur LinkedIn pour échanger avec de vraies personnes et partager leurs vraies idées. » Traduction : les publications de motivation calibrées au mot près, les « J’ai une nouvelle incroyable à vous annoncer » suivis de trois paragraphes creux, ça commence à lasser tout le monde, la maison comprise.
Ce bouton n’arrive d’ailleurs pas tout seul. LinkedIn dit bloquer chaque jour des centaines de milliers de tentatives de commentaires automatisés. La plateforme a aussi remisé son option « Enhance with AI », qui proposait de réécrire vos posts, au profit d’un simple correcteur. De nouveaux classificateurs traquent le contenu de faible qualité, et des alertes privées préviennent désormais les utilisateurs un peu trop généreux en IA.
Reste une belle ironie. LinkedIn, qui a passé deux ans à glisser des assistants d’écriture un peu partout, se retrouve à devoir combattre les textes que ses propres outils ont aidé à produire. Le serpent se mord la queue, sauf que cette fois c’est vous qui tenez le bouton. À utiliser sans modération, visiblement, vu le stock disponible.
Crédit photo : Wikimedia Commons
