10 octobre 2026
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Des bots ont saboté le vote en ligne de la primaire socialiste dès l’ouverture

Vendredi 9 octobre, à 8 heures pile, au moment où la plateforme de vote de la primaire socialiste ouvrait ses portes, elle s’est retrouvée noyée sous un déluge de connexions. Pas des électeurs, non : des robots, lancés par milliers pour saturer le service et empêcher les vrais inscrits d’accéder à leur bulletin.

L’infrastructure est confiée à un prestataire externe, e-votez, qui héberge le scrutin baptisé « Choisir 2027 ». Le principe de l’attaque est vieux comme le web : on appelle ça un déni de service. Vous ne cassez rien, vous ne volez rien, vous vous contentez d’envoyer tellement de fausses requêtes en même temps que le site s’étouffe et finit par ne plus répondre à personne.

Le résultat s’est vu dans les chiffres. Sur les quelque 140 000 électeurs inscrits, appelés à départager Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, seuls 20 000 étaient parvenus à voter en fin de journée. Pour une consultation censée se jouer sur deux tours, le démarrage a de quoi inquiéter.

La commission d’organisation a donc prolongé le premier tour jusqu’à dimanche 18 heures, histoire de laisser une seconde chance à tous ceux qui ont buté sur une page tournant dans le vide. Elle jure aussi que l’intégrité du vote n’a pas été touchée : la plateforme n’aurait jamais complètement cessé de fonctionner, et les bulletins déjà enregistrés resteraient intacts. La justice a été saisie.

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Sauf que voilà, on ne sait toujours rien des auteurs. Aucun volume de connexions communiqué, aucune piste sur l’origine du flot, aucune revendication. Difficile, dans ces conditions, de vérifier quoi que ce soit depuis l’extérieur, y compris les affirmations rassurantes des organisateurs.

Et puis il y a cette asymétrie un peu cruelle qui saute aux yeux. Pour voter, l’électeur devait s’inscrire, s’authentifier et sortir 15 euros. Pour attaquer, il suffisait de lancer une armée de bots qui, eux, ne paient rien et ne font la queue nulle part. C’est tout le problème du vote en ligne quand il n’impose aucun coût à celui qui cherche à le faire tomber.

Le second tour est prévu les 16 et 17 octobre si personne ne décroche la majorité absolue. En espérant que la plateforme tienne, cette fois.

Crédit photo : Parti socialiste

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