C’est le genre de virage qu’on voyait venir sans vraiment vouloir y croire. OpenAI a confirmé le 5 octobre que la publicité allait faire son entrée dans ChatGPT, et le premier terrain d’essai est assez inattendu : le moment précis où vous demandez à l’assistant de vous fabriquer une image.
Dans les faits, pendant que l’outil planche sur votre visuel, une pub s’affiche juste sous la barre de progression. Des photos de produits, présentées en carrousel ou côte à côte, censées montrer une idée, un usage, une expérience. OpenAI insiste sur un point : ces encarts restent séparés de l’image que vous êtes en train de générer, ils ne viennent pas se glisser dedans. Un label « Ad » les signale, et un bouton distinct les accompagne.
Le test démarre fin octobre aux États-Unis, avec un petit groupe d’annonceurs seulement. Il vise les comptes gratuits et l’abonnement Go, le moins cher de la gamme. Les formules Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu, elles, restent épargnées. Autrement dit : payez davantage, on vous fiche la paix. La logique est claire quand on sait que ChatGPT revendique 1,2 milliard d’utilisateurs chaque semaine, une audience que les seuls abonnements ne suffisent plus à rentabiliser.
Pour comprendre ce que ChatGPT sait vraiment faire, au-dela des pubs qui s’invitent dans l’appli :
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Reste la question qui fâche, celle des données. OpenAI jure ne pas utiliser le contenu de vos conversations, votre historique ni vos « mémoires » pour choisir les pubs. Les informations d’achat des marques remontent bien vers l’entreprise via une interface dédiée, mais elles ne servent pas encore à personnaliser les annonces personne par personne. Pour la mesure et la sécurité des campagnes, la société s’appuie sur des prestataires comme Hightouch, Tealium et DoubleVerify. Un premier annonceur, WeightWatchers, affirme déjà avoir obtenu un coût d’acquisition inférieur de 15,3 % à ses repères habituels.
Il y a quand même une belle ironie dans tout ça. Sam Altman répétait il y a peu qu’il n’aimait pas vraiment la publicité, qu’il la voyait comme un dernier recours. Nous y voilà. Et le vrai souci, c’est la confusion possible : entre une image générée, une suggestion de produit et une vraie pub payante, la frontière visuelle risque d’être bien mince.
Côté Europe, rien n’a filtré. Aucune date, aucun pays en dehors des États-Unis, et on imagine mal un déploiement par chez nous sans un passage au crible du RGPD et du DSA sur le ciblage. En attendant, c’est outre-Atlantique que ChatGPT devient, doucement, un support publicitaire comme un autre.
Crédit photo : OpenAI
