Il y a encore quelques mois, LinkedIn vous proposait de rédiger vos publications à votre place. Un bouton « Enhance your post », vous tapiez deux mots, l’IA vous recrachait un paragraphe entier bien lisse. Ce bouton vient de disparaître. À la place, le réseau professionnel déploie Post Proofreader, un outil qui ne fabrique plus rien du tout et se contente de corriger ce que vous avez écrit vous-même.
La nuance a l’air anodine, elle est énorme. L’ancien système partait d’une consigne pour inventer un texte. Le nouveau prend votre brouillon et le relit, point. Il propose trois modes : Review pour l’orthographe, la grammaire et la ponctuation, Shorten pour raccourcir sans trahir le sens, et Clarify pour rendre le tout plus lisible. Les suggestions s’affichent directement dans votre texte, avec un suivi des modifications façon Word, le passage barré d’un côté, la correction de l’autre. Vous acceptez, vous refusez, vous relancez. Rien ne part sans votre feu vert.
L’outil est réservé aux abonnés Premium, Career comme Business, et il ne parle pour l’instant que l’anglais. Quelques limites agacent déjà : impossible d’éditer à la main pendant qu’une suggestion est ouverte, pas d’historique de versions, pas de vue côte à côte, pas de retour en arrière. On sent le lancement un peu vert.
Si vous préférez relire vos textes sans attendre l’IA d’une plateforme, la référence maison reste imbattable.
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Mais le vrai sujet, c’est pourquoi LinkedIn fait machine arrière. La plateforme croule sous ce que ses propres utilisateurs appellent le « AI slop », cette bouillie de posts générés à la chaîne qui se ressemblent tous. Le cabinet Pangram a mesuré que 41 % des publications longues sur LinkedIn étaient entièrement écrites par une IA, le taux le plus élevé de tous les grands réseaux. Depuis fin juillet, un bouton permet de signaler ces textes, et en deux semaines à peine, un million de signalements étaient tombés.
Le directeur produit Hari Srinivasan a lâché le chiffre qui pique : un post repéré comme généré par IA perd 40 % de vues. Autrement dit, LinkedIn pénalise désormais activement ce qu’il vous vendait lui-même il y a un an.
Si vous voulez mon avis, l’aveu est assez gonflé. Une boîte qui gagne de l’argent avec des outils d’IA vient de reconnaître que son propre générateur abîmait son fil plus qu’il ne l’aidait. Reste un détail : corriger un texte humain, Word le fait gratuitement depuis trente ans.
Crédit photo : Wikimedia Commons
