En juin 2024, le premier youtubeur de France a décidé de sortir de sa réserve habituelle. Squeezie, alias Lucas Hauchard, a publié un message politique appelant ses abonnés à se mobiliser contre l’extrême droite.
Le contexte était électrique. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, la France filait vers des législatives anticipées, les 30 juin et 7 juillet. Une échéance brûlante, suivie de près par une jeunesse très présente sur les réseaux et plutôt absente des urnes.
Le 14 juin, Squeezie a posté une lettre ouverte sur Instagram. Le ton était mesuré, loin du brûlot. Il y écrivait qu’un parti qui prône la haine, la discrimination et la peur de l’autre n’a jamais été une solution, et ne le sera jamais.
Pour mesurer l’impact, il faut prendre la dimension du personnage. Au moment de sa publication, Squeezie comptait environ 19 millions d’abonnés sur YouTube. Aucun média traditionnel français ne touche une audience jeune aussi large et aussi directe.
Le créateur ne s’est pas affiché derrière un parti précis ni un candidat. Son message tenait surtout en un appel à aller voter, et à ne pas laisser l’extrême droite l’emporter par défaut, faute de mobilisation.
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Il n’était d’ailleurs pas seul. D’autres figures du web, comme Mister V, ont relayé des messages similaires sur Instagram, invitant leur communauté à se rendre aux urnes les 30 juin et 7 juillet, et surtout pas pour les fascistes.
La prise de position n’a pas été sans coût. Dans les jours qui ont suivi, Squeezie a perdu autour de 100 000 abonnés, sa chaîne passant sous la barre symbolique des 19 millions. Un rappel brutal qu’une partie de son public n’apprécie pas de mêler divertissement et politique.
Cet épisode a relancé un vieux débat. Un créateur de contenu suivi par des millions de jeunes a-t-il un rôle à jouer dans le débat démocratique ? Pour ses soutiens, utiliser une telle audience pour pousser au vote relève presque du devoir civique. Pour ses détracteurs, un youtubeur devrait rester sur son terrain et ne pas instrumentaliser sa communauté.
Ce qui est sûr, c’est que la frontière entre influence et engagement politique n’a jamais été aussi floue. Les créateurs web pèsent désormais dans la conversation publique, qu’ils le veuillent ou non, et leurs prises de parole sont scrutées comme celles de personnalités politiques.
Squeezie, longtemps prudent sur ces sujets, a fait le choix d’assumer. Avec les pertes d’abonnés qui vont avec, mais aussi avec le poids que confère le statut de premier youtubeur du pays.
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