Il y a un fossé bien réel entre les deux grands camps du smartphone quand vient le moment de sortir la carte bleue pour des abonnements. Selon les données compilées par le cabinet Sensor Tower, les utilisateurs d’iPhone dépensent environ deux fois plus que ceux sur Android pour les services payants dans les applications. Un écart qui en dit long sur les profils respectifs des deux écosystèmes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur l’année 2021, l’App Store d’Apple a généré 13,5 milliards de dollars de revenus liés aux abonnements, contre 4,8 milliards pour le Google Play Store. Près du triple en valeur absolue, donc, même si la base d’utilisateurs Android est bien plus large à l’échelle mondiale. Autrement dit, chaque utilisateur Apple rapporte nettement plus aux développeurs et aux éditeurs.
Cet écart s’explique en partie par le pouvoir d’achat. Les iPhone restent des appareils premium, vendus à des tarifs élevés, et leur clientèle a statistiquement les moyens de souscrire davantage de services payants. Apple a aussi construit tout un univers où l’abonnement est roi, de la musique au stockage en passant par les jeux, et l’a rendu particulièrement fluide à activer en quelques pressions du doigt.
Côté progression, la tendance est pourtant plus favorable à Android. La plateforme de Google a vu ses revenus d’abonnement grimper de 78 % par rapport à l’année précédente, là où l’écosystème Apple progressait de 31 %. Le retard reste considérable, mais la dynamique montre que les utilisateurs Android s’habituent eux aussi, lentement, à payer chaque mois pour leurs applications préférées.
Dans l’écosystème Apple, les écouteurs sans fil restent un grand classique de l’abonnement à l’achat :
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Quand on regarde quelles applications tirent leur épingle du jeu, le classement réserve quelques surprises. Tous appareils confondus, YouTube Premium domine avec environ 1,2 milliard de dollars de revenus, suivi par l’application de rencontres Tinder et par le service de bandes dessinées numériques Piccoma, très populaire au Japon. La répartition change ensuite selon la plateforme.
Sur iOS, ce sont YouTube, Tinder et le service de vidéo Tencent Video qui rapportent le plus. Sur Android, le trio gagnant rassemble Google One, le stockage en ligne maison, Piccoma de nouveau, et Disney+. Deux publics, deux logiques de consommation, avec d’un côté le divertissement et la rencontre, de l’autre le stockage et la lecture.
Plus globalement, le modèle de l’abonnement continue sa marche en avant. Les cent applications non ludiques les plus rentables ont vu leurs revenus bondir de 41 % sur un an, passant d’environ 13 à 18,3 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Une bonne partie de cette hausse vient des augmentations de tarifs décidées par les géants du streaming comme Netflix et Disney+, qui ont profité de leur position pour relever leurs prix sans perdre trop d’abonnés au passage.
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