14 juillet 2026
Spotify lutte contre la musique générée par l'IA et les flux frauduleux

Spotify fait le ménage dans les morceaux générés par IA

Spotify a décidé de taper du poing sur la table face à la musique fabriquée par intelligence artificielle. Le géant suédois du streaming a supprimé environ 7 % des morceaux écoutés via l’application Boomy, soit des dizaines de milliers de titres générés par IA et, surtout, écoutés par de faux auditeurs robotisés.

Tout est parti d’un constat. Spotify a repéré un afflux anormal d’écoutes sur des titres venant de Boomy. Le 1er mai, la plateforme a tranché et grisé une partie de ces morceaux, ce qui revient à les retirer du service. Habituée aux écoutes frauduleuses générées par des bots, l’entreprise a durci le ton, en visant cette fois la combinaison explosive entre musique automatique et écoutes gonflées artificiellement.

Mais c’est quoi, Boomy au juste ? Une application lancée en 2022, dans la lignée de JukeBox d’OpenAI ou de MusicLM de Google. Le principe : générer de la musique à partir de sons et de voix existants, en quelques clics et sans savoir composer. Les utilisateurs peuvent ensuite diffuser leurs créations sur les plateformes de streaming et toucher des droits d’auteur. Vous voyez le souci venir.

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Car le problème n’est pas tant la musique générée que la triche autour. Quand des milliers de morceaux bidon sont écoutés en boucle par des robots, ils captent des royalties qui devraient revenir à de vrais artistes. Lucian Grainge, le patron d’Universal Music Group, ne mâche pas ses mots depuis des mois contre ce qu’il appelle le « streaming artificiel ».

Un porte-parole de Spotify résume la position de la maison : le streaming artificiel est un problème de longue date qui touche toute l’industrie, et que l’entreprise s’efforce d’éradiquer sur l’ensemble de son service. Le phénomène n’a rien d’anecdotique. Selon une étude du Centre national de la musique, les flux frauduleux représenteraient entre 1 et 3 % de toute la musique diffusée en France.

L’histoire ne se termine pas par un bannissement définitif. Sous la pression des sanctions, Boomy a dû s’engager à collaborer avec des acteurs de l’industrie pour contrôler le streaming artificiel et la manipulation des écoutes. Résultat, dès le 6 mai, ses utilisateurs ont pu de nouveau partager leurs titres sur Spotify. Une façon de dire que la musique générée par IA n’est pas interdite en soi, à condition qu’elle soit écoutée par de vrais humains.

Crédit photo : DR

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