Depuis hier, les épisodes vidéo de On Purpose ne sont plus sur YouTube. Le podcast de Jay Shetty, ancien moine reconverti en interviewer de célébrités et en machine à conseils de vie, se regarde désormais sur Netflix et sur Spotify. Et nulle part ailleurs.
L’accord avait été signé fin mai, il porterait sur plusieurs années et jusqu’à 100 millions de dollars. C’est un des plus gros chèques jamais alignés pour une émission de ce genre. Spotify devient au passage la régie publicitaire mondiale du show, Netflix héberge la vidéo, et la version audio, elle, continue de circuler normalement, sur Spotify comme sur Apple Podcasts. Si vous écoutez en marchant, vous ne perdez donc rien. Si vous aviez pris l’habitude de laisser tourner deux heures d’interview sur la télé du salon, il vous faut maintenant un abonnement Netflix.
Pour comprendre pourquoi Netflix sort la carte bleue pour un type qui fait parler des gens sur un canapé, il faut regarder du côté de YouTube. La plateforme de Google est devenue le premier endroit au monde où l’on regarde des podcasts, avec plus d’un milliard d’utilisateurs qui en consomment chaque mois. Le podcast filmé n’est plus de la radio avec une caméra posée dans un coin, c’est de la télé bavarde et pas chère, qui tourne en fond pendant qu’on fait autre chose et qui retient les gens pendant des heures. Exactement ce que Netflix n’avait pas.
Si le personnage vous intrigue avant de lancer un épisode, son livre reste le meilleur résumé de son discours.
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Du coup Netflix collectionne. Il y a eu l’accord avec Spotify pour seize podcasts vidéo, dont ceux de Bill Simmons et du Ringer, puis d’autres avec iHeartMedia et Barstool Sports. Le catalogue se remplit d’émissions qu’on regardait gratuitement ailleurs et qui atterrissent derrière un abonnement.
C’est là que ça devient gênant pour vous. Le podcast s’était construit sur une promesse simple : gratuit, partout, sans compte à créer. La promesse tient toujours pour l’audio, tant mieux. La vidéo, elle, part en morceaux, chaque plateforme repartant avec ses exclusivités comme au bon vieux temps des droits sportifs.
Jay Shetty, lui, explique que la vidéo permet de capter l’expression et l’émotion que l’audio laisse filer. C’est une jolie manière de dire que le chèque était difficile à refuser. Le vrai enjeu est ailleurs : si un podcast de cette taille peut débrancher YouTube sans perdre son public, les autres suivront. Et ils coûteront de plus en plus cher.
Crédit photo : Spotify Newsroom
