Apple publie jeudi 30 juillet, après la clôture de Wall Street, les comptes de son troisième trimestre fiscal, celui qui couvre les mois d’avril à juin. La conférence avec les analystes commencera à 23 heures, heure de Paris.
Le consensus tourne autour de 108,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre 94 milliards un an plus tôt, avec un bénéfice par action attendu à 1,89 dollar.
Le chiffre à surveiller est ailleurs. La division Services regroupe l’App Store, iCloud, Apple Music, Apple TV+ et les accords de licence, c’est-à-dire tout ce qu’Apple vend en ligne plutôt qu’en magasin. Elle pesait 27,4 milliards de dollars sur ce trimestre l’an dernier, et 30,9 milliards sur le trimestre précédent.
Bank of America attend environ 14 % de croissance sur un an, ce qui la porterait au-delà de 31 milliards de dollars.
Sauf que la composition a changé. Selon la même note, la croissance de l’App Store serait retombée autour de 3 % sur un an, alors qu’elle frôlait les 10 % la période d’avant. La boutique d’applications de l’iPhone, sur laquelle Apple prélève une commission à chaque achat, ralentit donc nettement, et ce sont iCloud et les revenus de licence qui tiennent la division debout.
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C’est le genre de bascule qui compte pour un internaute. Quand la commission des applications cale, ce sont les abonnements de stockage et les accords passés avec d’autres géants du web qui font la croissance.
Deuxième dossier de la soirée, l’intelligence artificielle. Apple assume une approche que les analystes qualifient de capital-light : les modèles tournent directement sur l’appareil, un cloud privé prend le relais pour les traitements lourds, et la marque refuse d’aligner les dizaines de milliards de dollars de centres de données que s’offrent Microsoft et Google. Un contrat de plus de 30 milliards de dollars a bien été signé avec Broadcom, mais il porte sur des puces fabriquées aux États-Unis, pas sur des fermes de serveurs.
Cette sobriété divise les banques. UBS vise 296 dollars par action quand Bank of America table sur 380.
Reste la marge brute, promise entre 47,5 et 48,5 %, que Morgan Stanley juge un peu optimiste depuis l’envolée des prix de la mémoire. Apple a déjà relevé en juin le tarif de presque tous ses Mac, un MacBook Air passant de 1 099 à 1 299 dollars.
Si la marge tient, les prix des services et des machines resteront sans doute stables encore quelques mois. Si elle décroche, la facture finira par arriver chez l’utilisateur.
Crédit photo : Apple (via Wikimedia Commons)
