Le petit mouvement du pouce vers la droite ou vers la gauche, celui que des centaines de millions de gens ont répété des milliards de fois pour valider ou jeter un profil, vit ses derniers mois. Bumble a décidé de le supprimer. Sa patronne Whitney Wolfe Herd l’a dit sans détour : « on va dire au revoir au swipe et bonjour à quelque chose que je crois révolutionnaire pour la catégorie ». Le remplacement arrive au dernier trimestre 2026, d’abord dans quelques marchés, avant un déploiement plus large.
Pour situer, Bumble c’est l’appli de rencontres où, historiquement, ce sont les femmes qui devaient envoyer le premier message. Le swipe, lui, n’a rien inventé mais l’a rendu culte. Tinder l’a popularisé, tout le monde a copié, et le geste est devenu un raccourci mental pour « appli de rencontres ». Le voir disparaître chez un acteur de ce poids, c’est quand même un symbole.
À la place, Bumble mise sur une assistante dopée à l’IA baptisée Bee. L’idée : vous lui racontez qui vous êtes, ce que vous cherchez, votre façon de communiquer, et elle vous propose directement des profils compatibles au lieu de vous faire trier une pile infinie de photos. Wolfe Herd parle de l’IA comme d’un « supercharger pour l’amour et les relations », tout en jurant qu’il ne s’agit pas d’automatiser les sentiments. On verra ce que ça donne concrètement, parce que pour l’instant les détails restent flous.
Pour comprendre comment les applis ont vraiment changé nos façons de nous rencontrer, l’enquête de la sociologue Marie Bergström est une référence.
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Pourquoi ce virage ? Parce que les chiffres piquent. Au premier trimestre 2026, le nombre d’abonnés payants a fondu d’environ 21 %, à 3,2 millions contre 4 millions un an plus tôt. La lassitude du swipe, cette impression de faire défiler des visages à l’infini sans jamais rien décrocher, revient sans cesse dans les études. Bumble présente d’ailleurs cette dégringolade comme un choix assumé, une remise à plat pour ne garder que des membres vraiment motivés. La communication de crise a bon dos, mais le fond du problème est réel.
Et il y a la vraie question, celle que personne ne tranche encore : est-ce qu’une IA qui vous sert des profils sur un plateau donne envie, ou est-ce que ça retire le petit jeu, le hasard, ce qui faisait justement le sel du truc ? Le swipe était pénible, c’est vrai. Mais au moins, on choisissait nous-mêmes.
Crédit photo : Bumble
