Wellington a dégainé à son tour. Le Premier ministre Christopher Luxon, épaulé par sa ministre de l’Éducation Erica Stanford, a présenté cette semaine un projet de loi qui fixerait à 16 ans l’âge minimum pour s’inscrire sur les plateformes jugées « à haut risque ». Quatre noms sont explicitement cités : Instagram, TikTok, Snapchat et Facebook.
L’idée circule un peu partout. L’Australie voisine applique déjà une interdiction quasi identique depuis la fin de l’année dernière, et la France a voté cet été sa propre majorité numérique, fixée elle à 15 ans. Chaque pays y va donc de sa version, avec ses seuils et ses trous dans la raquette.
Pour vérifier l’âge, le texte néo-zélandais laisse le choix aux plateformes : les informations déjà présentes dans le compte, l’estimation faciale de l’âge, un service d’identité numérique, ou le bon vieux document officiel. Rien de très cadré, et c’est justement là que les débats s’enveniment d’habitude.
Ce qui pique vraiment, c’est la sanction. Une plateforme récalcitrante risquerait jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial. Pour un groupe comme Meta, on parle de plusieurs milliards. Un nouveau régulateur, logé au sein du ministère de l’Intérieur néo-zélandais, serait chargé de surveiller tout ça et d’enquêter sur les manquements. Les plateformes devraient en plus évaluer régulièrement les risques pour les mineurs et rendre des comptes là-dessus.
Pour comprendre ce qui se joue vraiment sur TikTok, Snapchat ou Discord et en discuter en famille, ce guide fait le tour de la question.
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Toutes les applis ne sont pas visées. WhatsApp, Discord, Roblox, Spotify, LinkedIn et même ChatGPT passent entre les mailles, au même titre que la messagerie, les appels, le jeu en ligne ou les services éducatifs. La logique tient debout : on cible les fils algorithmiques qui happent l’attention, pas les outils du quotidien.
Luxon justifie sa croisade par un chiffre : un jeune Néo-Zélandais de 13 à 17 ans sur trois passerait au moins cinq heures par jour sur ces applis. Difficile de balayer le constat d’un revers de main.
Sauf que voilà, la loi part avec un genou à terre. Ses propres partenaires de coalition la rejettent. Winston Peters, le patron de NZ First, jure que son parti ne la soutiendra jamais, et David Seymour, à la tête d’ACT, annonce un vote contre. Résultat, le texte ne devrait même pas passer sa première lecture avant la dissolution du Parlement pour les élections.
L’intention est là, l’agenda mondial aussi, mais entre l’annonce et une interdiction réellement applicable, il reste un très long chemin. Et pour l’instant, en Nouvelle-Zélande, personne n’a encore rien à prouver.
Crédit photo : Wikimedia Commons
