Vous ouvrez une page en HTTPS, le petit cadenas s’affiche, et vous vous dites que personne ne voit ce que vous faites. Sauf que voilà, ce n’est pas tout à fait vrai. Le contenu est bien chiffré, mais le nom du site que vous demandez, lui, part encore en clair au tout début de la connexion. Votre opérateur, le wifi du café, l’admin du réseau de l’entreprise : tout ce petit monde peut lire quels domaines vous consultez, même sans voir les pages.
Google vient de s’attaquer à ce trou avec Android 17, et l’annonce faite le 27 août coche plusieurs cases d’un coup. La fonction vedette s’appelle Encrypted Client Hello, ECH pour les intimes. En gros, elle chiffre aussi cette première poignée de main où votre téléphone annonce le site visité. Android devient le premier grand système mobile à l’activer directement au niveau de l’OS, sans que chaque application ait à s’en occuper. Pour les apps qui ciblent Android 17 et utilisent une bibliothèque réseau compatible, c’est actif par défaut.
Petit détail malin : même quand le serveur d’en face ne gère pas ECH, Android envoie quand même un faux champ qui y ressemble, histoire que les vraies connexions protégées ne sortent pas du lot et n’attirent pas l’attention.
Les Pixel sont les premiers servis pour Android 17 et ses nouvelles protections réseau :
Google Pixel 10 (128 Go) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Il y a trois autres briques à côté. La protection du réseau local d’abord : une application devra désormais vous demander la permission avant d’aller scanner ou se connecter aux autres appareils de votre maison, imprimante ou caméra comprises. La Certificate Transparency ensuite, activée par défaut, qui oblige tous les certificats à être inscrits dans un registre public pour repérer les faux qui servent à intercepter le trafic. Et puis le blocage de la 2G, que les opérateurs peuvent enfin couper d’office pour leurs abonnés. Ça peut sembler anecdotique, sauf que les fameux SMS blasters, ces valises qui se font passer pour une antenne pour vous inonder d’arnaques par SMS, forcent justement votre téléphone à retomber sur ce vieux réseau troué.
Reste une limite que Google ne cache pas : ECH ne marche à plein régime qu’avec un DNS privé bien configuré, et tous les serveurs web ne le supportent pas encore. Votre navigation n’est donc pas totalement invisible du jour au lendemain. C’est quand même un sacré coup de balai côté vie privée, et pour une fois qui arrive par défaut plutôt qu’enfoui dans un menu que personne n’ouvre jamais.
Crédit photo : Google
