WhatsApp teste une nouvelle mention pour ses canaux : une petite étiquette qui prévient que l’image ou la vidéo d’un post a été créée ou retouchée avec une intelligence artificielle. Repérée dans la dernière bêta Android de l’application, la 2.26.34.5, elle a commencé à se déployer fin août auprès d’une poignée de testeurs.
Le principe est simple. L’administrateur d’un canal appuie longuement sur sa publication, ouvre le menu et choisit « Ajouter une étiquette de contenu IA ». La mention apparaît alors en bas à gauche du message, à côté des autres indicateurs, et tous les abonnés la voient sans avoir à cliquer sur quoi que ce soit.
Petit rappel pour ceux qui zappent cette partie de l’appli : les canaux WhatsApp, ce sont ces fils de diffusion à sens unique, façon newsletter, où une marque, un média ou une personnalité publie vers des milliers d’abonnés qui, eux, ne peuvent que lire et réagir. Un terrain idéal pour balancer du visuel généré par IA à grande échelle.
Là où ça devient intéressant, c’est que l’étiquette vaut pour n’importe quel outil, pas seulement le Meta AI maison. Une image sortie de ChatGPT, un montage passé par Gemini, une simple retouche automatique : tout est censé être signalé. Et même une modification mineure est concernée, d’après les captures de la bêta.
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Autre détail qui a son importance, une fois posée, la mention ne s’enlève plus. Impossible de coller l’étiquette le temps d’un doute puis de la retirer discrètement une fois la publication bien partie. C’est exactement la même logique que le « partenariat rémunéré » déployé cet été sur les canaux, cette autre mention verrouillée qui oblige à afficher un contenu sponsorisé.
On devine la direction que prend Meta : multiplier les petits badges permanents pour dire d’où vient un contenu, qui l’a payé, et par quelle machine il est passé. Le calendrier n’a rien d’un hasard non plus. Le règlement européen sur les services numériques, le fameux DSA, pousse les plateformes à fournir ce genre d’outils de déclaration, et plusieurs pays commencent carrément à rendre l’étiquetage des contenus IA obligatoire.
Pour l’instant, tout ça reste réservé à la bêta Android, sans date pour un déploiement large ni pour iOS. Et surtout, ça repose entièrement sur la bonne volonté des admins. Rien n’oblige techniquement quelqu’un à cocher la case s’il veut faire passer un faux pour un vrai. La mention rassure les honnêtes, pas vraiment les autres.
Crédit photo : WhatsApp
