C’est l’un des plus gros chèques jamais signés dans l’histoire des réseaux sociaux. Le 26 août, la maison mère d’Instagram et de Facebook a accepté de verser jusqu’à 18 milliards de dollars pour solder les poursuites de 52 procureurs généraux américains, qui accusaient l’entreprise d’avoir conçu ses applis pour rendre les adolescents accros, tout en jurant publiquement que tout allait bien. La juge Yvonne Gonzalez Rogers a validé l’accord le jour même.
L’argent, c’est une chose. Ce qui va vraiment se voir, ce sont les changements dans les applis. À partir de maintenant, les comptes des mineurs basculent par défaut sur une limite de deux heures d’utilisation cumulée par jour, tous services Meta confondus. Pour la désactiver, il faudra l’accord d’un parent.
S’ajoute un couvre-feu nocturne : plus d’accès entre minuit et six heures du matin. Les likes seront masqués par défaut sur les publications des ados, l’autoplay des vidéos coupé, et les fameux filtres de maquillage extrême, ceux qui refont un visage en temps réel, purement et simplement bloqués. Autre nouveauté qui compte : le fil chronologique, sans algorithme, devient l’option par défaut. Fini le scroll optimisé pour vous garder scotché.
Pour creuser le sujet, l’enquête de référence sur l’effet des réseaux sociaux sur la santé mentale des ados :
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Meta accompagne tout ça d’une vérification d’âge renforcée et de nouveaux outils de contrôle parental. Reste la question à mille euros : est-ce que ça suffira ? L’entreprise elle-même reconnaît que non, et plaide pour une solution qui dépasse ses seules applis. « Les ados passent d’une appli à l’autre en permanence, il nous faut une réponse à l’échelle de toute l’industrie », a-t-elle déclaré.
Traduction : environ 5 milliards du montant total ne seront versés que si TikTok, YouTube et Snapchat adoptent des garde-fous équivalents. Autrement dit, Meta essaie d’entraîner ses concurrents dans la même case, histoire de ne pas être le seul à brider ses jeunes utilisateurs pendant que les autres continuent de les aspirer.
Pour l’instant, ces règles concernent les États-Unis. Mais le sujet résonne bien au-delà : en France comme en Europe, le débat sur l’âge minimum et la protection des mineurs en ligne tourne à plein régime, et un accord de cette ampleur va forcément peser dans les discussions. Meta, de son côté, provisionne déjà près de 10 milliards de dollars de frais juridiques pour son troisième trimestre. La facture du doute, en somme.
Crédit photo : Instagram / Wikimedia Commons
