20 octobre 2026
Logo de l'intelligence artificielle chinoise DeepSeek
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Les États-Unis chassent DeepSeek de toutes leurs administrations, et l’Europe regarde ça de près

C’est officiel depuis lundi 19 octobre : le ministère américain de la Sécurité intérieure a ordonné à l’ensemble des agences fédérales civiles de retirer DeepSeek de leurs systèmes. Pas seulement l’application chinoise, d’ailleurs, mais aussi tous les services tiers qui s’appuient sur ses modèles d’intelligence artificielle. Et toute nouvelle acquisition est interdite dans la foulée.

DeepSeek, pour celles et ceux qui auraient manqué l’épisode, c’est ce laboratoire chinois qui a secoué la Silicon Valley début 2025 en sortant des modèles d’IA quasi aussi performants que ceux d’OpenAI, mais ouverts et très peu coûteux à faire tourner. De quoi affoler tout l’écosystème américain, qui misait jusque-là sur des infrastructures hors de prix.

Washington s’appuie sur une loi de 2018 sur la sécurité des chaînes d’approvisionnement pour justifier la décision. Les raisons invoquées sont assez claires : risque de transfert de données sensibles vers Pékin, possibilité de produire du renseignement exploitable sur des citoyens ou des agences américaines, et crainte que du code malveillant ou des failles se cachent directement dans les modèles.

En vrai, la mesure ne tombe pas de nulle part. Le Commerce et la Navy avaient déjà posé des restrictions plus ciblées, et plusieurs États américains avaient pris les devants. Là, c’est tout l’appareil fédéral civil qui ferme la porte d’un coup.

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Et par chez nous ? L’Europe n’a pas attendu les États-Unis pour s’interroger. Dès janvier 2025, l’Italie a carrément bloqué DeepSeek, son autorité de protection des données jugeant les explications de l’entreprise insuffisantes sur le sort des informations personnelles. La France, elle, a choisi une voie plus prudente : la CNIL a ouvert une enquête et envoyé ses questions, sans interdire le service pour autant.

Le vrai point de friction est toujours le même. Les données de DeepSeek sont hébergées en Chine, donc soumises au droit chinois. Or la loi de 2017 sur le renseignement oblige les entreprises locales à coopérer avec l’État, sans qu’un internaute européen dispose du moindre recours équivalent à ce que prévoit le RGPD.

Pour l’utilisateur lambda qui a juste installé l’appli par curiosité, rien ne change concrètement aujourd’hui : DeepSeek reste accessible en France. Mais le signal envoyé par Washington risque de peser sur les administrations et les grandes entreprises, qui vont y réfléchir à deux fois avant de brancher une IA chinoise sur leurs données. La suite dépendra beaucoup de ce que décideront les régulateurs européens.

Crédit photo : RoadMaster19 (CC BY 4.0)

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