Sur X, l'ancien Twitter, une petite ligne pourrait bientôt apparaître sous certaines images : une étiquette signalant que la photo a été modifiée avec les outils maison de la plateforme. La fonction est pour l'instant en test sur iOS, repérée dans le code de l'application, et elle vise les clichés passés par l'éditeur intégré lancé au printemps dernier.

Petit rappel pour ceux qui ont zappé l'épisode. Depuis avril, X propose directement dans sa fenêtre de publication un éditeur de photos assez complet : du dessin, du texte, un flou en mosaïque pour masquer un visage ou une plaque, et surtout des retouches pilotées par Grok, l'IA maison, à partir d'une simple phrase. Vous tapez ce que vous voulez changer, l'outil s'en occupe. Pratique, mais vous voyez tout de suite le problème qui arrive.

Quand n'importe qui peut transformer une image en deux secondes avec une consigne en langage courant, la frontière entre la vraie photo et le montage devient vraiment poreuse. D'où l'idée de cette étiquette : prévenir d'un coup d'oeil que le visuel est passé à la moulinette, sans avoir à jouer les experts en détection de pixels truqués.

Reste que la portée est limitée, et c'est là que ça coince un peu. L'étiquette ne concernerait que les images retouchées avec les outils de X eux-mêmes. Une photo trafiquée ailleurs, dans une autre app, puis postée telle quelle, passerait entre les mailles du filet. On est donc loin d'un vrai gage d'authenticité, plutôt d'un marquage honnête de la maison sur son propre travail.

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Le calendrier et les pays concernés ne sont pas connus, et X n'a pour le moment rien officialisé. La plateforme bosse aussi, de son côté, sur un marquage équivalent pour les vidéos montées avec ses outils, histoire d'être cohérente sur tous les formats.

En Europe, le sujet n'est pas que cosmétique. Le règlement sur les services numériques, le fameux DSA, pousse les grandes plateformes à être transparentes sur les contenus manipulés, et l'IA Act prévoit d'imposer l'étiquetage des images générées ou modifiées par une machine. Autrement dit, ce qui ressemble aujourd'hui à une petite coquetterie de X pourrait vite devenir une obligation pure et simple.

Si vous voulez mon avis, c'est un premier pas utile, mais tant que l'étiquette s'arrête aux retouches maison, elle protège surtout l'image de X plus que celle de ses utilisateurs.

Crédit photo : Illustration générée par IA