Vous l'avez peut-être croisée sur Threads, sur Telegram ou dans une capture d'écran transférée par un proche inquiet. Le 17 novembre, des pirates videraient d'un coup les comptes des plus grandes banques, mettraient tout le monde à zéro, puis débrancheraient internet partout dans le monde pour environ trois mois. De quoi stocker de l'eau, des conserves, du liquide et un peu d'or, forcément. Sauf que voilà, il n'y a rien derrière.
La rumeur serait partie d'un message en portugais posté sur X par un internaute se présentant comme Wesley. Il citait une source anonyme du dark web et reconnaissait lui-même que l'info n'était pas confirmée. Détail qui a disparu en route. Le texte a ensuite rebondi sur des chaînes Telegram russophones, s'est traduit tout seul, a gagné Threads, et chaque relais y a ajouté sa petite dose de panique et ses conseils de survie.
Techniquement, le scénario ne tient pas debout. Internet n'est pas une grosse machine avec un interrupteur quelque part. C'est un empilement de réseaux indépendants, des milliers d'opérateurs, de câbles sous-marins et de centres de données répartis sur toute la planète. Personne, pas même un État, ne possède la prise géante qui éteindrait tout ça d'un coup pendant trois mois. Vider simultanément les comptes de toutes les banques relève du même fantasme.
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Le plus drôle, c'est que le 17 novembre existe bel et bien dans l'agenda. Ce jour-là, les États-Unis ont prévu un test de leur système d'alerte d'urgence, le fameux message qui s'affiche à la télé et à la radio. Un exercice annoncé, qui ne touche ni les téléphones ni le web. On tient probablement là l'étincelle qui a servi à habiller la légende d'un vernis de crédibilité.
Plusieurs fact-checkers, russes et francophones, ont déjà rangé l'affaire au rayon canular. Un point mérite quand même qu'on garde les yeux ouverts, les arnaqueurs adorent ce genre de peur collective. Autour de la rumeur fleurissent déjà des liens de phishing et des faux conseils qui vous poussent à bouger votre argent en urgence.
Donc le 17 novembre, vous pourrez continuer à payer vos courses et à regarder vos vidéos. Le vrai danger, ce n'est pas la coupure mondiale, c'est le message trop beau pour être vrai qui vous demande de cliquer vite.
Crédit photo : Illustration générée par IA



