21 octobre 2026
Portrait de Gabriel Attal en costume bleu
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Attal veut pouvoir couper certains réseaux sociaux pendant les émeutes, le Conseil d’État lui a déjà dit non

Gabriel Attal a relancé lundi 19 octobre une idée qui revient à chaque flambée de violences : donner à l’État le pouvoir de bloquer temporairement l’accès à certaines plateformes. Le candidat Renaissance à la présidentielle vise les réseaux sociaux, qu’il juge responsables d’une bonne partie des débordements observés le week-end du 17 octobre.

Son raisonnement tient en quelques lignes. Selon lui, les phénomènes d’émeute se fabriquent en ligne : points de ralliement diffusés sur les applis, appels à se retrouver, effets de mimétisme qui poussent des gens à rejoindre le mouvement alors qu’ils n’avaient rien prévu. Couper le robinet le temps que ça retombe réglerait le problème à la source.

Dans les faits, il ne cite aucune plateforme précise. Pas de X, pas de TikTok, pas de Snapchat nommément. Et surtout, aucun blocage n’a été décidé pour l’instant : on parle d’un outil qu’il aimerait avoir, pas d’une mesure déjà sur la table.

Le problème, c’est qu’Attal a déjà essayé. Au printemps 2024, quand il était Premier ministre, il avait fait couper TikTok en Nouvelle-Calédonie pendant les troubles. Le Conseil d’État a retoqué la décision en 2025, estimant qu’elle portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression. La juridiction n’admet une coupure que dans des circonstances vraiment exceptionnelles, et à trois conditions cumulées : que ce soit indispensable, limité dans le temps, et qu’aucune autre solution ne soit possible dans l’immédiat.

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Pour prendre du recul sur l’emprise de ces plateformes, l’essai de Bruno Patino sur le marche de l’attention reste une bonne porte d’entree.

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Autant dire que la fenêtre est étroite. À ça s’ajoute le règlement européen sur les services numériques, le fameux DSA, qui encadre sérieusement ce genre de coupure. Pour l’avocat Alexandre Archambault, un blocage décidé par la France supposerait de passer d’abord par un juge, ce qui vide largement de son sens l’idée d’une mesure prise dans l’urgence.

Reste la question de fond, celle que tout le monde se pose dès qu’un gouvernement évoque l’extinction d’un service grand public. Qui décide ? Pendant combien de temps ? Et comment distinguer l’organisation d’un rassemblement violent du simple fait de commenter l’actualité ? Les émeutiers ne sont pas les seuls à utiliser ces applis, loin de là. Couper Instagram ou WhatsApp un soir de tension, c’est aussi priver des millions de gens d’un moyen de communication parfaitement banal.

Le débat, lui, ne risque pas de retomber de sitôt.

Crédit photo : Wikimedia Commons

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