Ce lundi 26 janvier 2026, l’Assemblée nationale examine un projet de loi qui pourrait changer le rapport des adolescents aux réseaux sociaux. Le texte, porté par la députée Laure Miller et soutenu par Emmanuel Macron, veut interdire l’accès aux plateformes aux mineurs de moins de 15 ans, et ce dès la rentrée scolaire prochaine. Dans une vidéo diffusée ce week-end, le président a posé sa ligne : la santé mentale et le développement des jeunes doivent passer avant les intérêts commerciaux des plateformes. Une procédure accélérée doit permettre une adoption avant l’été. Au passage, l’interdiction du téléphone portable, déjà en vigueur dans les écoles et collèges, serait étendue aux lycées.
Le texte s’appuie sur des données qui s’accumulent depuis des années. Une étude de l’Anses publiée le 13 janvier a passé au crible plus d’un millier de travaux de recherche. Sa conclusion est sans détour : les adolescents, et particulièrement les jeunes filles, sont très exposés aux mécanismes pensés pour capter l’attention. L’agence pointe des liens directs entre l’hyperconnexion et l’apparition de troubles anxieux et dépressifs, d’idées suicidaires et de difficultés de concentration nuisibles aux apprentissages. Le gouvernement vise nommément les scrolls infinis et les notifications conçues pour maintenir les utilisateurs accrochés.
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Le vrai sujet, celui qui occupe les débats, c’est l’application concrète. La loi de 2023 était restée lettre morte faute d’outils techniques compatibles avec le droit européen. Cette fois, la France s’appuie sur une dynamique à l’échelle du continent. La Commission européenne a validé des solutions logicielles de vérification de l’âge, testées dans une phase pilote qui inclut la France, le Danemark et l’Italie. Le casse-tête reste le même : certifier l’âge d’un utilisateur sans aspirer ses données personnelles. Plusieurs pistes sont sur la table, de l’estimation faciale par IA au portefeuille d’identité numérique. Les plateformes auront jusqu’au 31 décembre 2026 pour mettre en conformité les comptes existants, sous peine de sanctions financières lourdes.
L’exemple le plus observé reste celui de l’Australie, qui applique une interdiction similaire pour les moins de 16 ans depuis le 10 décembre dernier. Les premiers retours montrent un bras de fer tendu entre le gouvernement et les géants du numérique, Meta en tête, qui contestent la faisabilité de la mesure. Certains observateurs préviennent déjà : les usages risquent de se déplacer vers des applications plus discrètes ou de passer par des VPN. L’exécutif français parie malgré tout sur une approche large, avec une liste précise de réseaux interdits définie par l’Arcom, tout en épargnant les outils éducatifs et encyclopédiques. L’objectif assumé est de créer un précédent en Europe et de transformer la majorité numérique en règle applicable.
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