Snap, la maison mère de Snapchat, vient de dévoiler ses Specs, des lunettes de réalité augmentée qui fonctionnent toutes seules, sans téléphone à proximité. Elles arriveront à l’automne 2026, à 2 295 euros, et la précommande est déjà ouverte en France.
Derrière l’objet, il y a surtout une stratégie. Evan Spiegel, le patron de Snap, parie sur le monde d’après le smartphone, celui où l’on consulterait ses messages et ses contenus à travers des verres plutôt que sur un écran tenu en main.
Pour Snapchat, le terrain n’est pas neuf. L’application a bâti sa popularité sur les Lenses, ces filtres en réalité augmentée qui plaquent des oreilles de chien ou un décor virtuel sur le visage. Les Specs poussent l’idée plus loin : faire sortir ces effets de l’écran du téléphone pour les afficher directement dans le champ de vision.
L’autre pari, c’est l’intelligence artificielle. Les lunettes intègrent un accès direct aux principaux assistants conversationnels du marché, ChatGPT d’OpenAI, Gemini de Google et Claude d’Anthropic, que l’on sollicite à la voix ou d’un geste. Snap met en avant des usages concrets : un itinéraire affiché devant les yeux, une traduction en temps réel, ou la mesure d’un meuble avant de l’acheter.
Les lunettes connectées les plus proches du grand public restent, pour l’instant, les Ray-Ban de Meta :
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Là où Snap se distingue de Meta, c’est l’autonomie complète. Les Ray-Ban du groupe de Mark Zuckerberg s’appuient sur un téléphone resté dans la poche, tandis que les Specs embarquent tout dans la monture, le calcul compris.
Reste un obstacle de taille. À 2 295 euros, avec un acompte remboursable à la précommande, ces lunettes ne visent pas le grand public mais les développeurs et les curieux fortunés. Les premiers essais signalent aussi un poids élevé, autour de 132 grammes, et un échauffement gênant près des tempes au bout de quelques minutes.
Le contexte rend le pari plus risqué encore. Snap peine à dégager des bénéfices, coincé entre un Meta omniprésent et un TikTok qui capte l’attention des plus jeunes. Miser une partie de son avenir sur un objet de niche, vendu plus cher qu’un très bon smartphone, ressemble à un quitte ou double.
Snapchat possède malgré tout un atout : une communauté déjà habituée à jouer avec la réalité augmentée. Il y a pourtant loin entre s’amuser avec un filtre quelques secondes et porter ces lunettes sur le nez à longueur de journée.
Crédit photo : Snap
