Interroger Google comme on parle à un assistant, et obtenir une réponse écrite plutôt qu’une liste de liens à trier : c’est ce que la firme prépare pour la France. L’arrivée de son AI Mode dans l’Hexagone a été confirmée pour cet été.
Deux choses se cachent en réalité derrière cette annonce, et il vaut mieux les distinguer.
Il y a d’un côté les AI Overviews. Ce sont ces résumés fabriqués par l’intelligence artificielle qui viennent se poser tout en haut de la page et répondent à votre requête avant même les résultats classiques. Déjà présents dans de nombreux pays, ils manquaient encore à l’appel chez nous.
De l’autre, l’AI Mode, nettement plus tranché. Ici, la page aux dix liens bleus laisse carrément place à une réponse rédigée par la machine, à laquelle vous pouvez enchaîner des questions comme dans une conversation. Le tout s’appuie sur Gemini 2.5, la déclinaison la plus poussée du modèle de Google.
Dans les faits, les deux fonctions sont attendues en France durant l’été, au plus tard aux alentours de fin septembre.
Reste une question évidente : pourquoi la France a-t-elle patienté aussi longtemps quand les États-Unis en bénéficient depuis l’an dernier ?
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Le frein n’avait rien à voir avec la technique ou la langue. Il était juridique. En ligne de mire, la loi française de 2019 sur les droits voisins, qui contraint les plateformes à rémunérer les médias dès qu’elles reprennent leurs contenus, ne serait-ce qu’un extrait d’article.
Or une IA qui va puiser dans des dizaines de sources pour vous livrer un résumé, sans le moindre clic vers les sites concernés, tombe pile dans ce cas de figure.
Google a donc trouvé un terrain d’entente avec la presse française, avec trois engagements pris auprès des éditeurs. Le contrôle, chaque site pouvant décider d’apparaître ou non dans les fonctions dopées à l’IA. La transparence, via des statistiques dédiées aux affichages générés par l’IA. Et une rémunération au titre des droits voisins, élargie à ce que l’IA exploitera.
Côté internaute, cela promet des réponses plus immédiates, sans avoir à ouvrir cinq onglets pour recouper.
Côté éditeurs et boutiques, l’histoire est moins réjouissante. Si Google répond à votre place, le clic vers leurs pages devient optionnel, et une part de leur audience risque de s’évaporer.
En résumé, vous y gagnez un confort réel, au prix d’un web où l’on clique de moins en moins. Confortable pour vous, plus douloureux pour ceux qui en tirent leurs revenus.
Crédit photo : Illustration générée par IA
