4 août 2026
Écran d'accueil de l'application France Identité affichant la carte d'identité numérique et les cartes numériques

Réseaux sociaux : dès septembre, tout le monde devra prouver son âge en France

C’est officiel depuis le 21 juillet. Le Parlement français a voté l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe. Le Sénat a tranché à 243 voix contre 2, l’Assemblée à 279 contre 81. Autant dire que le principe n’a pas vraiment fait débat.

Le calendrier, lui, est serré. À partir du 1er septembre, plus aucun compte ne pourra être créé par un mineur de moins de 15 ans. Et au 1er janvier 2027, les comptes déjà ouverts par des ados en dessous de cet âge devront être fermés. Entre les deux, une période de transition pendant laquelle tout le monde va devoir passer à la caisse.

Car c’est là que ça coince pour l’internaute lambda. Pour repérer les moins de 15 ans, il faut vérifier l’âge de tous les autres. Vous, moi, vos parents : chacun devra prouver qu’il a bien l’âge de rester sur TikTok, Instagram, Facebook ou X. Le ministre chargé du Numérique l’a dit sans détour : pendant quatre mois, nous, Français, devrons tous justifier notre âge, et si quelqu’un a moins de quinze ans, son compte sera fermé.

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Reste la grande question : comment prouver son âge sans filer sa carte d’identité à Meta ? Plusieurs pistes coexistent. Le scan d’un document officiel via un tiers de confiance, une estimation par selfie, ou l’application France Identité, qui lit la puce de la carte d’identité en NFC et renvoie à la plateforme une simple preuve chiffrée de votre tranche d’âge, sans lui transmettre le reste. L’idée est de ne pas donner votre état civil complet à un réseau social. Sur le papier, c’est plutôt rassurant.

Sauf que voilà, la loi elle-même ne fournit aucun outil clé en main. L’Union européenne bricole bien une application commune avec sept pays pionniers, dont la France, mais elle n’est promise que pour la fin 2026. Difficile, donc, de savoir avec quoi les plateformes vérifieront réellement dès la rentrée.

Les critiques n’ont pas tardé. La Quadrature du Net y voit surtout la porte ouverte à un contrôle d’identité généralisé sur le web. Bruxelles avait de son côté pointé une possible incompatibilité avec le DSA avant que le texte soit retouché. Et une sénatrice a résumé le doute de beaucoup : comment mettre debout un système aussi lourd en quelques semaines d’été ? La réponse arrive dans moins d’un mois.

Crédit photo : France Identité

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