Depuis le rachat de sa branche américaine, TikTok tourne sous une nouvelle enseigne, la TikTok USDS Joint Venture LLC. Un montage où Oracle, le fonds Silver Lake et l’émirati MGX se partagent 45 % du capital, huit autres investisseurs 35 %, et où l’ancienne maison mère ByteDance ne garde plus que 19,9 %. Nouveau propriétaire, nouvelles conditions. Et c’est justement la mise à jour de la politique de confidentialité qui fait grincer des dents depuis quelques jours.
Le point qui coince, c’est la géolocalisation. L’ancienne version jurait noir sur blanc que l’appli ne collectait « pas d’informations GPS précises ou approximatives » auprès des utilisateurs américains. La nouvelle, elle, s’autorise à récupérer votre « position précise, selon vos réglages » dès que les services de localisation sont activés. On passe donc du « on ne touche pas à votre GPS » au « on peut savoir exactement où vous êtes ». Caitriona Fitzgerald, de l’ONG EPIC, résume la chose sans détour, cette précision peut descendre jusqu’à votre adresse, voire l’étage de votre immeuble.
TikTok promet un bouton dans l’appli pour activer ou couper ce partage, et rappelle qu’on peut déjà le bloquer dans les réglages du téléphone. Sauf que voilà, pour continuer à utiliser l’appli, il faut cliquer sur « j’accepte ». Pas de vrai bouton « non merci ». Beaucoup d’internautes ont qualifié le texte de « carrément intrusif et prédateur », d’autres ont carrément supprimé l’appli.
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La liste des données dites sensibles, elle, ne bouge quasiment pas, origine ethnique, croyances religieuses, état de santé, orientation sexuelle, situation d’immigration, pièces d’identité officielles. Ce qui change, c’est le ton. Là où l’ancien texte limitait l’usage au strict nécessaire, le nouveau se contente de dire que ces infos sont traitées « conformément à la loi applicable ». Plus large, plus flou.
En parallèle, la plateforme a essuyé des accusations de censure, des vidéos anti-ICE qui ne passaient plus, le mot « Epstein » filtré, qu’elle attribue à de simples pannes techniques. Difficile de démêler le bug de la modération dans tout ça.
Chez nous, une partie de ces changements reste encadrée par le RGPD et la surveillance de la CNIL, donc la version européenne n’est pas identique à l’américaine. Mais le signal est clair, le nouveau TikTok, plus américain que jamais, veut en savoir un peu plus sur vous. À vous de vérifier ce que vous laissez cocher.
Crédit photo : TikTok
