Fin août, Meta a signé un accord à 17,1 milliards de dollars pour clore une longue bataille judiciaire menée par quarante-sept États américains, qui accusaient l’entreprise d’avoir conçu Instagram et Facebook pour rendre les adolescents accros. L’argent, c’est une chose. Mais le vrai changement pour les utilisateurs, il est là : Meta doit maintenant reconstruire de fond en comble la façon dont les mineurs vivent ses applications.
Concrètement, les comptes ados vont hériter d’une limite de deux heures par jour activée par défaut. Passé ce seuil, l’accès se coupe. S’ajoute un vrai couvre-feu numérique : plus rien entre minuit et six heures du matin. Et pendant les heures de classe, les notifications passent en silencieux, histoire d’éviter que le téléphone vibre toutes les trente secondes en plein cours.
Le reste touche à ce qui rend ces réseaux si prenants. Les compteurs de likes seront masqués pour les jeunes comptes, ces petits chiffres qui transforment chaque publication en concours de popularité. Meta promet aussi un fil non algorithmique, c’est-à-dire un affichage qui ne cherche plus à deviner ce qui vous scotchera le plus longtemps. Les filtres cosmétiques qui lissent les visages passent également à la trappe. Et l’application enverra des rappels réguliers, toutes les quinze minutes d’affilée pour les plus jeunes, puis à soixante et quatre-vingt-dix minutes de temps cumulé.
Pour reprendre la main sur le temps d’écran à la maison sans attendre les réglages imposés à Meta, ce guide pratique donne des repères concrets.
Doser les écrans en famille → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Ces réglages ne sont pas une faveur maison, ils sont désormais gravés dans un accord judiciaire. La plainte de la Californie et d’une trentaine d’autres États reprochait à Meta d’avoir sciemment misé sur des mécanismes d’usage excessif, tout en collectant au passage les données d’enfants de moins de treize ans sans accord parental. L’entreprise a toujours nié, mais elle a préféré payer et corriger.
Reste le calendrier. La plupart de ces protections doivent arriver dans les six mois, quand les outils de vérification d’âge, plus complexes, pourraient prendre jusqu’à un an. Le tout vise d’abord les États-Unis, puisque l’accord découle d’un procès américain.
En France et en Europe, on n’y coupera pas non plus, mais par un autre chemin : c’est le débat sur l’interdiction des réseaux aux plus jeunes qui avance, pas un chèque géant. Deux méthodes, un même constat. Personne ne croit plus vraiment que les ados vont s’autoréguler tout seuls.
Crédit photo : Meta
